08.01.2005

MIROIR

Ton stock disponible de présence, chante Arsenal du Midi, ne doit pas se dilater, se laisser trouer de vacuoles. Nulle fumée ne doit se glisser entre les interstices de ton corps. Compacte doit être ton âme. Toutes les croyances s'évaporeront le jour où tu saurais occuper le moins d'espace possible, te concentrer en un point sans dispersion. L'homme n'est encore qu'un projet, voilà la bonne nouvelle. Tabula rasa ? Non, plutôt concentration en un point d'où tous les artifices tomberont par excès.

Les mots nous asservissent, poursuit Arsenal, nous commandent. Chaque mot est maître de cent, mille, un million d'hommes hypnotisés par le verbe. Mais le verbe sera la dernière chose à tomber lorsque l'homme de l'avenir se dénudera, ni fatigué de tout ni prêt à exploser.

Et voilà déjà que l'ennui ne nous atteint plus, nous guérissons sans cure de nos maladies, nous ne sommes plus assoiffés de désordre, éperdus d'expériences antinomiques. Nous ne philosophons plus que par jeu.

Une seule chose peut encore nous détruire : la réflexivité.

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