17.01.2005
HÉROS
Ceux qui me lisent et me sont fidèles sont des chevaliers, dit Arsenal du Midi. Et lorsqu'ils parleront à leur tour, qu'ils s'adressent aux seuls chevaliers ! Qu'ils ne tentent pas de séduire le peuple ; l'instinct du peuple est d'aimer le ridicule, de le favoriser. Il feint d'aimer la joie, mais c'est l'idiotie qu'il apprécie, notamment lorsque celle-ci est manifestée par une caste prétendument supérieure.
Arsenal ajouta : j'ai été accusé récemment par une femme entendant mes paroles déformées par une autre bouche d'être un privilégié. Vous, frères chevaliers, qui me connaissez, savez que je suis le fils de la Terre, que j'ai grandi comme une mauvaise plante et que ce n'est qu'à force d'autodiscipline, et avec l'aide du destin, que je suis devenu un maître. C'est ainsi qu'il m'est permis de conspuer le peuple, car c'est de sa boue que j'ai émergé. Que le peuple s'élève comme moi de la boue, et je le chérirai plus que tout.
En attendant, dit Arsenal à ses chevaliers, ne nous reposons pas. Il nous faudra encore provoquer beaucoup d'épreuves pour éviter l'apathie et la molesse. Soyons forts, mes frères, héroïques. Ne dormons pas avec les fantômes de l'époque. Et ne devenons pas, comme la plupart des insatisfaits, des crevettes de haine, des cafards frustrés, des revanchards au sang mauvais.
Vous êtes superbes, mes chevaliers, car à la prouesse vous associez le sens du sacré.
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