23.05.2005

SISTER

Je passe au microscope le moindre de tes gestes imaginaires,
Pousse à l’extrême ton bras, ta main, vers le ciel,
Rattrape la balle tombée dans la trappe,
Fixe amusé le temps qui ne s’écoule plus qu’en projections de vitesse-lumière.

Tu te troubles à voir mes rayons ?
Je me diaphragmerai.
Je me ferai journaliste de mes propres explosions, par souci de clarté,
Louerai les nuages là où les plus grands ont souhaité des ciels vides,
Prendrai notre puzzle et éclaterai comme toi les pièces en inframorceaux pour rendre plus difficile et certaine notre ascension vers l’amour.

Tu as percé le tableau de petits trous où nos yeux se sont collés par curiosité,
Mais l’essentiel se jouait derrière nous, dans notre musée.
Rien n’est moins mort que cet art qui nous peuple
(Je n’ai pas peur du peuple, il se transcendera instantanément au moment où on le croira le plus barboté dans sa fange).

Invincibles et fragiles, feuilles volantes,
Qu’on nous déchiquette, nous ressurgirons !
Que de boue on nous éclabousse, nous en expurifierons !
Qu’on nous phénoménise de foire, nous circulerons au-delà des limites !
Qu’on nous parque en prison, nous verrons à travers les murs !
Qu’on nous élance, nous offrirons nos dos avant de basculer tout le monde par dessus bord pour leur apprendre à voler.

Midday : des hooligans chanteront avec nous des chœurs sisterciens,
Et tous les paradoxes plongeront dans l’eau pour y béqueter une proie complice
Avant de reprendre leur envol.

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