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30.05.2005

Le nouveau Sisyphe

Cela commença par les mains, tenant ferme burin et masse, les doigts sortis de l’ombre, sensibles à la musique du vide, ou à son énergie. Sculpter le chaos, composer. Épuration amoureuse du magma originel.

Quoiqu’il en soit, tenir bon dans la voie singulière. Improviser maladroitement, les doigts tremblants sur le clavier du piano, faire jaillir de soi l'innommé jusqu’à ce qu’au fil des ans, plus lentement et plus douloureusement que par la voie technique, le chaos s’ordonne, les "vices" s’harmonisent en une vertu étrange, inouïe, monstrueuse. Devenir un monstre de beauté créatrice, loin des académismes autant que des onanistes complaisances. Ériger un système du vécu d’où toute vulgarité et toute préciosité soient exclues. Ni castré, ni castrateur : un défi.

Prenez votre singularité au sérieux, sans tenter de devenir une image de marque. Prenez votre monstruosité au sérieux, c’est-à-dire aimez-là, taillez-la, élevez-la au rang d’œuvre d’art, de don onduleux fait à l’humanité et à vous-même.

Le seul rocher de Sisyphe qui vaille la peine : le chaos. À pousser avec masse, burin et instruments de musique. À la fin de la vie, on ne s'est pas débarrassé du boulet, mais on lui a donné forme et structure. Harmonie.

09:15 Publié dans littérature, philosophie | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer

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