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17.09.2005

Ex nihilo 5

Je ne tutoyais peut-être pas assez cette ville où je n’étais pas né, bien qu’il m’arrivât de passer l’extrémité des doigts sur le grain pierreux d’un immeuble du quartier Latin, de caresser en éprouvant un début de volupté le garde-corps calcaire d’un pont tandis que les cellules photosensibles de mes rétines se calquaient sur les reflets du soleil affolés par le courant de la Seine, d’interroger une fenêtre de l’île Saint-Louis comme on questionne un visage dont on craint d'avoir la clé, tentant plus ou moins inlassablement de précéder d’un pas de trop rigides catégories de jugement usées par l’illusion de la routine, mon esprit à la mémoire tourmentée se fuyant lui-même avec méthode, cherchant sa démesure organisée dans le moindre recoin, non pour quitter le monde mais pour le percevoir enfin sous le jour miraculeux où nos sens seraient sereinement enivrés par les vibrations soniques des corps.


11:50 Publié dans littérature, philosophie | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer

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