Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

25.11.2005

Je chante le corps électrifié

medium_a-copie.jpg


Olivier de Sagazan, sculpture, novembre 2005.

Cette image est la réponse de l'artiste à la phrase suivante d'Arsenal (in 'L'enfant et le père') : "Le moi se libère en s'annihilant, en s'indoublant dans l'infinie blancheur-noirceur...".

Et voici la bande-son d'Arsenal...

_______________________________


Je chante le corps électrifié. Je chante le corps amarré aux lois d’absorption. La diffusion est son processus changeant de direction de propagation en étant traversé par l’existence marchande. Je chante la charge élémentaire, le résultat mathématique d’une vue déportée de la grâce, balance de torsion, cage délibérée.

Je chante la chair déchargée, potentiel et différence de potentiel, la chair haineuse de sa masse entropique, libérée par les volts, l’injection de volts, l’overdose électrostatique, le branchement.

Ma densité d’énergie flottera avec la tienne et nous serons unis dans l’antiprofondeur des énergies reliées. Je chante le corps valeur capitale, influx boursier, transaction cybernétique. Et ceci est mon résultat carbonisé. Mangez, ceci est ma chair une fois traversée par une vie de branchements boursiers. Capitalisez-moi, ô Seigneur.

Je chante la carbonisation totale de ma haine pour la chair non monétaire, je veux être un condensateur, conduire les influx électriques du capital énergétique. Sauvez-moi de la chair non monétaire, non circulatoire, ô mon Dieu. Capitalisez-moi en profondeur.

En suspens dans le vide de mes idéaux, hors flottaison, je suis parvenu à me déraciner de la terre, de l’immersion océanique et désormais, ultraconduit, lié et relié, je suis un plomb grillé.

Je suis l’homme d’aujourd’hui, carcasse électrique, et c’est ainsi que je survis, extasié hors de ma chair lourde conspuante, cette chair qui ne m’a rien dit qui vaille, cette chair qui déraille, cette chair de volonté d’impuissance. Alléluia, saigneurs, désormais je suis un condensateur au service des décharges du monde, une batterie, un accumulateur.

Je chante le corps électrifié. Je chante le corps amarré aux lois d’absorption. Je chante le corps ion. Je chante le "on".

08:45 Publié dans littérature, philosophie | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer

Les commentaires sont fermés.