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03.06.2006

Éclosion

C’était un mercredi soir et les feuilles des arbres avaient jauni, s’étaient enroulées sur elles-mêmes, puis déroulées en soupirant. Il n’était pas loin de neuf heures et l'eau jaillissait des trottoirs en geysers boueux. Tu étais assise sur le sable. La nuit venait de tomber, et tes yeux de se relever du chaos.

Ta véritable naissance était en cours, issue de ton imagination et de ton expérience. Tu étais à mi-vie et tu avais bien failli te dissoudre dans le magma des aveuglements scénarisés, ou te laisser rigidifier par un mot d'ordre mimétique, résigné. C’était une sensation de feu à présent, douce comme la veinule d’un être aimé dont on suce la chaleur, apaisante comme du lait coulant sur la peau d'un enfant.

Ce qu’il y avait sur l’autre rive n'était plus en question. Ta peau vibrait de désir en caressant les possibles. Pour découvrir un nouvel océan, m'expliquas-tu plus tard, il faut haïr un temps le monde connu, c’est-à-dire le voir pour ce qu’il n'est plus, s’y sentir étrangère et pourtant légitime, être à deux doigts de s'y noyer, y manquer d'air à force de déracinement.

22:57 Publié dans littérature, philosophie | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer

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