20.09.2006

"JE CHERCHE UN HOMME", DIT DIOGÈNE

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Je suis tombé récemment sur ces lignes de Urgyen Sangharakshita :

"Masculin et féminin sont deux. L'individualité est l'entrée dans la non-dualité.
Organisateur et organisé sont deux. La coopération est l'entrée dans la non-dualité.
Enseignant et enseigné sont deux. La communication est l'entrée dans la non-dualité.
Dieu et homme sont deux. Le blasphème est l'entrée dans la non-dualité !
Mâle et femelle sont deux. Le célibat est l’entré dans la non-dualité.
Individu et groupe sont deux. La communauté spirituelle est l'entrée dans la non-dualité."

Hélas, depuis deux ans que j'écris sur le Net, je ne ressens pas trop le phénomène de communauté spirituelle. Deux tendances s'affrontent sur les blogs et je ne me reconnais plus dans aucune d'elles : le journal au premier degré et la glose herméneutique paniquée. L'impression que j'ai, après deux ans, c'est d'avoir beaucoup donné ici même, avec mes textes, surtout l'année dernière. Autant de bouteilles jetées à la mer avec des messages de sang et de sueur, et finalement peu de signes de vie en retour. Peu de liens tissés, beaucoup moins que dans ladite vraie vie finalement. Pourtant, les statistiques montrent que ce site est un peu fréquenté. Est-ce à dire qu'on le consomme en silence ?

Vous me direz qu'il faut savoir donner sans recevoir. Soit. Voilà donc un extrait de mon roman en cours, bientôt terminé. Quant à moi, je reprends ma lanterne. À bon entendeur, voici :

Aujourd’hui, à l’automne, les feuilles des châtaigniers continuent d’être arrachées aux arbres par le vent des espérances. Une distance infinitésimale a parfois séparé les Parisiens du salut, d’autres fois ils étaient alourdis par trop de rancœur, trop de fuites, ralentis par l’attente d’un événement qui devait un jour les libérer, aujourd’hui cet Instant T., hier un massacre ou une révolution. Tant de mains se sont jointes dans l’obscurité des églises, leur paume invoquant la beauté absolue entre deux caresses perdues, gestes survolés, avidités plus ou moins saines. Tant de gouttes ont perlé sur le front des transporteurs de pierre, de pleurs sur les joues des enfants dans les cours ; les larmes des Parisiens forment un fleuve secondaire, miroir cristallin de la Seine.

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