30.09.2006

EQUILIBRIUM

medium_1.jpg


Jacek Yerka, kot ekumeniczny II

11:44 Ecrit par Luis de Miranda | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

27.09.2006

MODÈLE

medium_modele_coiffure.jpg
(coiffures : Johanna Choquet)


"Dans les sociétés préindustrielles, le groupe s'accommode des individus hypovalents dans des rôles de remplissage et les virtuoses, dans tous les domaines, mènent le jeu et donnent l'image stimulante du talent : artisans, musiciens ou agriculteurs opulents, chaque petit groupe possède sa part de modèles et s'entretient à leur contact. Au stade actuel, une profonde altération des rapports s'est produite ; les foules innombrables se confrontent avec un nombre toujours plus restreint de modèles. La participation existe encore, mais par interposition de l'imprimé ou de l'audiovisuel : astronaute, héros du travail, ou princesse iranienne, le modèle macrocollectif est d'une envergure sans commune mesure avec le capitaine de louveterie, le forgeron de la grand-place ou la servante du cabaret mais, privé de la saveur de la proximité, il n'a plus que sa valeur de source d'illusions."

André Leroi-Gourhan, 'Le Geste et la parole', Tome 2, La mémoire et les rythmes.

10:05 Ecrit par Luis de Miranda | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

21.09.2006

XÉNOPHANE, DIOR ET LES STÉROÏDES

medium_xin_370f5f89df6b11da975b0050bac5e168.jpg



Si les bœufs pouvaient peindre et sculpter, disait paraît-il Xénophane, ils concevraient les dieux à leur image. Ce rhapsode et théologien grec, adepte de l’Un, critiqua par ailleurs vers 536 av. JC le goût de ses compatriotes pour l’athlétisme et le luxe.

Pourtant athlétisme et luxe chez les Grecs étaient les deux sommets d’un triangle dont le troisième portait le nom de sophia. Tout vrai créateur sait à quel point, si l’on ne garde que la sagesse, sans l'athlétisme de l'âme dont parlait Artaud (et un entretien régulier de la musculature, du souffle et de l'endurance physique), sans l'aspiration au luxe et à la volupté qu'a dépeint Baudelaire, on produit des œuvres moisies et affaissées, baignées dans les lacs du Monde de Sophie.

Mais si Xénophane avait vécu aujourd’hui ? Qu’aurait-il dit de la volonté transcendante remplacée par les produits dopants, du raffinement annulé par le luxe fordisé, de l'identité publicitaire sagesse = sommeil ?

Et si ces pâles avatars du triangle grec étaient précisément dus à plus de 20 siècles d’obsession de l’Un, un atavisme qui aurait abandonné à tort le sensible et le multiple à l’avidité des marchands ?

(Quel incorrigible nietzschéen je fais...)

23:30 Ecrit par Luis de Miranda | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

20.09.2006

"JE CHERCHE UN HOMME", DIT DIOGÈNE

medium_images.17.jpg


Je suis tombé récemment sur ces lignes de Urgyen Sangharakshita :

"Masculin et féminin sont deux. L'individualité est l'entrée dans la non-dualité.
Organisateur et organisé sont deux. La coopération est l'entrée dans la non-dualité.
Enseignant et enseigné sont deux. La communication est l'entrée dans la non-dualité.
Dieu et homme sont deux. Le blasphème est l'entrée dans la non-dualité !
Mâle et femelle sont deux. Le célibat est l’entré dans la non-dualité.
Individu et groupe sont deux. La communauté spirituelle est l'entrée dans la non-dualité."

Hélas, depuis deux ans que j'écris sur le Net, je ne ressens pas trop le phénomène de communauté spirituelle. Deux tendances s'affrontent sur les blogs et je ne me reconnais plus dans aucune d'elles : le journal au premier degré et la glose herméneutique paniquée. L'impression que j'ai, après deux ans, c'est d'avoir beaucoup donné ici même, avec mes textes, surtout l'année dernière. Autant de bouteilles jetées à la mer avec des messages de sang et de sueur, et finalement peu de signes de vie en retour. Peu de liens tissés, beaucoup moins que dans ladite vraie vie finalement. Pourtant, les statistiques montrent que ce site est un peu fréquenté. Est-ce à dire qu'on le consomme en silence ?

Vous me direz qu'il faut savoir donner sans recevoir. Soit. Voilà donc un extrait de mon roman en cours, bientôt terminé. Quant à moi, je reprends ma lanterne. À bon entendeur, voici :

Aujourd’hui, à l’automne, les feuilles des châtaigniers continuent d’être arrachées aux arbres par le vent des espérances. Une distance infinitésimale a parfois séparé les Parisiens du salut, d’autres fois ils étaient alourdis par trop de rancœur, trop de fuites, ralentis par l’attente d’un événement qui devait un jour les libérer, aujourd’hui cet Instant T., hier un massacre ou une révolution. Tant de mains se sont jointes dans l’obscurité des églises, leur paume invoquant la beauté absolue entre deux caresses perdues, gestes survolés, avidités plus ou moins saines. Tant de gouttes ont perlé sur le front des transporteurs de pierre, de pleurs sur les joues des enfants dans les cours ; les larmes des Parisiens forment un fleuve secondaire, miroir cristallin de la Seine.

12:10 Ecrit par Luis de Miranda | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

09.09.2006

ÉLÈVEMENT DEMANDÉ !

medium_Porte_d_Orléans.jpg


L'une de mes connaissances a pris cette photo. La police a tenté, semble-t-il, de lui faire effacer l'image puis, devant son refus tenace, lui a conseillé d'en faire bon usage...

Alors faisons-en un usage démocratique : observons, débattons, pensons, laissons parler notre imagination.

12:01 Ecrit par Luis de Miranda | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

06.09.2006

UN NOUVEAU RYTHME EST-IL POSSIBLE ?

Tandis que mon roman en cours a atteint les 100 pages et surtout le point de sa résolution (à déployer), je lis le bon livre de Bruce Bégout, 'La découverte du quotidien'. Enfin un ouvrage philosophique qui tente d'explorer ce que j'essaie de résoudre dans mes écrits (après d'autres), synthétiser pensée et fiction dans une observation des liens entre l'extraordinaire et l'infraordinaire.

"... Le quotidien n'est pas tant sauvage et préconceptuel que conceptuellement sauvage ; c'est-à-dire qu'il ne se soustrait pas entièrement au logos, mais uniquement à ce logos théorique du discours philosophique et scientifique qui tente de lui procurer une rationalité logico-formelle qu'il ne possède pas sous cette forme pure."

Et :

"Dans la mesure où la production du quotidien s'efface comme par magie dans son oeuvre, on peut la qualifier de virtuose."

Face au quotidien, en sous-titres, nous invoquons les grands modèles du passé, comme au siècle passé encore certains préparaient une soupe en se soumettant à l'Imitation de Jésus. Le seul problème des grands modèles, c'est qu'ils appartiennent précisément au passé, tandis que le quotidien appelle sans cesse son contraire apparemment impossible : le radicalement nouveau.

Une fois de plus, il s'agit de persévérer dans un rythme vital. L'improvisation, dans le Jazz, maintient une constante du thème : le rythme et les harmonies...

13:05 Ecrit par Luis de Miranda | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

Toutes les notes