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26.11.2006

L'ORGANIQUE

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Elle se doutait bien depuis peu que le monde était autre. Mais comment le voir, derrière les images codées, les rites, les mimétismes, les mots. Presque impossible. Nous sommes des êtres trop mentaux, se disait-elle. L’esprit est la prison insensée que nous nous sommes construits.

Elle s’était longtemps accrochée au désir : son instinct lui disait que sa force et la jouissance indiquaient quelque chose, étaient les gardiens d’une vie justifiée, personnelle. Pas un fantôme d’existence.

Un jour, au lendemain d’une vaste fête dans un lieu parisien décadent, peuplé de dizaines d’hommes et de femmes trop habillés, rieurs, le nez gentiment levé, elle crut comprendre. Une fois de plus, elle s’était sentie à part lors de cette soirée, pas vraiment là.

Elle voyait bien qu’elle pouvait attirer un nombre satisfaisant d’hommes, mais quelque chose dans ses mots à elle les faisait renoncer, quelque chose dans son attitude, quelque chose qui disait : tout cela m’ennuie, car pas assez intellectuel, spirituel. Bref, se dit-elle, elle souffrait en quelque sorte de la maladie de la culture, que les plus cyniques appelaient snobisme, ou pédantisme.

Elle préférait parler de mélancolie : moins une défiance vis à vis de l'organique qu'un besoin d'invention.

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