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10.01.2007

DESPATIALISER

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Une époque se définit par ce qui la frappe. Les médias prétendent savoir ce qui nous frappe, et nous finissons parfois par y croire. Mais nous ici, complices de l’ombre, sommes frappés par autre chose que la dernière campagne électorale ou le dernier attentat à la bombe. Nous sommes frappés par les perspectives de mutation de notre vision du monde.

À ce titre, on peut se demander si l’intuition sublime de la philosophie depuis au moins Spinoza n’est pas résumable en ce concept : despatialisation. On connaît la critique de Bergson : notre intelligence et notre existence sont faussées par l’utilitarisme, qui voit des unités additionnables partout, des individus, des objets dans l’espace. Le temps lui-même est perçu comme une somme de moments divisibles et spatialisés.

La vision vraie des choses serait du côté de la durée, d’une intuition despatialisée de la vie. Déjà pour Spinoza, la durée, contrairement au temps qui est un produit de l’imagination, est « continuité indéfinie de l’existence ». On pense aussi à Nietzsche et à son Éternel Retour. Un monde où l’espace serait un leurre serait un monde où tout serait présent, y compris la répétition du même.

Mais si la vérité du monde est aspatiale, pourquoi sommes-nous plongés dans le triste bourbier spatio-temporel des étants, pourquoi sommes-nous prisonniers d'un prisme linéaire et numérique ?

Immense question, à laquelle je ne tenterai pas de répondre aujourd'hui. On verra hier... Mais notons tout de même cette phrase de Bergson : « Le possible n'est que le réel avec, en plus, un acte de l'esprit qui en rejette l'image dans le passé une fois qu'il s'est produit. »

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