26.01.2007

SILENCIO

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Récemment l'émission télévisuelle "culturelle" quotidienne d'un certain Frédéric T. a renoncé (après avoir vaguement préparé le sujet) à parler du 'Zarathoustra de Nietzsche en dialogue avec l'Art Brut', que Max Milo vient de publier, au prétexte qu'il n'y avait aucun "people" pour vendre le livre. Au téléphone, les responsables de l'émission ne tarissaient pas d'éloges sur le livre. Mais il fallait un "people" pour révéler l'existence de ce "magnifique ouvrage" au peuple simplet. C'est désopilant. Et affligeant.

Vous avez bien entendu remarqué que les medias, les éditeurs, la Politique, les associations, l'ensemble de la société est gangrenée par ceux qu'on appelle d'une manière vulgaire les "people". L'erreur n'est pas seulement d'adhérer à cette séduction facile. L'erreur est pour nous, forces non-people de l'ombre, de parler de telle ou telle vedette, y compris en mal. Les journaux regorgent d'articles louangeurs ou moqueurs sur Untel ou Unetelle, qui occupent l'espace et rejettent dans l'ombre les oeuvres non-mimétiques. "Telle jolie actrice publie un roman : qui est son nègre ?"

La sagesse consiste à n’en pas parler du tout, des people. Essayez. Tentez pendant une semaine de ne prononcer le nom d’aucun people. De ne plus les connaître. Vous sortez vos poubelles ? Vous triez vos déchets ? Vous pensez que l’écologie est d’abord une affaire citoyenne ? Alors tentons aussi de vider notre esprit des noms-marchandises en circulation.

10:20 Ecrit par Luis de Miranda | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

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