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28.01.2007

DU LANGAGE COMME JEU DE CHAT ET DE SOURIS

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La croyance commune veut que les mots expriment un sentiment préexistant. Le mot ou l’expression sont perçus comme des synthèses communicables d’un état affectif et/ou mental. Par exemple une femme dira d’un homme qui s’appelle Albert, alias Al, qu’elle l’aime, en pensant exprimer un état d’âme plutôt que choisir des mots qui suscitent telle ou telle sensation.

La philosophie analytique est connue pour avoir interrogé cette croyance. Le langage est-il une illustration de sentiments (une mimique verbale) ou bien crée-t-il ces sentiments sur fond d’indétermination, de virtualité du sujet qui après coup (après formulation seulement) se dit : « Oui, c’est bien ça. » ?

Imaginons que nous ne connaissions pas Al. Si cette femme dit : « J’aime Al », il est possible que nous comprenions : « J’ai mal. »

Demandons maintenant à cette femme de lire l’inscription « J’ai mal » en essayant de penser en même temps : « J’aime Al. » Il en résultera une confusion de sensibilité alors que les deux expressions prises indépendamment sont réputées claires.

Autre exemple, imaginons un chat très difficile à attraper qui s’appelle Mal. On le lâche devant dix personnes, parmi lesquelles la femme qui aime Al, et on promet dix mille euros à la personne qui l’attrapera. Cette femme réussit à attraper le chat et s’exclame : « J’ai Mal ! »

Suite à ces remarques, il faudrait creuser l’hypothèse suivante, à savoir que deux sentiments primordiaux semblent avoir un lien originel avec le langage : le triomphe (l’amour, le gain) et le regret (la souffrance, la perte). Spinoza parlait de joie et de tristesse, les autres affects n’étant que des dérivés.

Selon cette hypothèse, chaque fois que je dis quelque chose et quoi que je dise, j'exprime un gain ou une perte. Ou peut-être les deux à la fois...



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