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18.03.2007

NOUS SOMMES TOUS ÉTRANGERS

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Le débat sur l’immigration est en réalité, si on l’extrait de sa confusion, d’abord une tentative de tracer une ligne entre esclavage et liberté. On dit que les économistes ignorent si l’afflux d’immigrés relance une économie ou la freine. En réalité, ce qu’on ignore, c’est la définition de la liberté. Le travailleur immigré, en temps de prospérité, est un référent pratique car il est censé indiquer qui est libre et qui est esclave. Mais en temps de crise structurelle, l’autochtone se sent lui-même esclave, à juste titre d’ailleurs. Dès lors, c'est connu, puisque 80% des Français au minimum peuvent se sentir esclaves du Capital, ils ne se sentent plus de différence de caste avec les immigrés et leur haine du Capital se retourne contre les étrangers.

Il n’est pas si étrange de lier la notion de liberté à l’économie. Les Grecs anciens ne s’en privaient pas. Mais un Socrate ou un Diogène étaient là déjà pour rendre les consciences dominantes moins sûres de leur différence.

Quant au problème de l’identité, c’est à la question de l’origine – mais l’origine prise au sens métaphysique plutôt que géographique – qu’elle renvoie, et donc encore à celle de la liberté. Serait libre, idéalement (c’est-à-dire à la limite), un homme dont la pensée serait majoritairement singulière plutôt que tributaire de réactions passéistes. Serait libre et doté d'identité un groupe humain qui proposerait et appliquerait une pensée et une politique nouvelle. Il ne s’agirait pas pour lui seulement de sortir de la confusion, mais en en sortant de ne pas tomber dans un système de pensée disponible, que ce soit le cynisme, le racisme réactif, le tolérantisme mou ou l’ultralibéralisme.

Le refus de l’immigré est l’échec du projet civilisationnel européen, le signe de notre décadence. Le Pen est un décadent, pas du tout un visionnaire bâtisseur. Ses propositions n’ont rien de créatif ; il baigne dans la réaction faible. Prôner la grandeur de la France est un discours faible qui fait sourire tous ceux qui observent la misère du pays et la déréliction de ses citoyens. C’est vers l’Europe qu’il faut se tourner, l’Europe comme idéal philosophique et politique, si l’on veut avoir une chance de sortir du déclin de l’Occident.

Si l’Europe avait une vision, si l’Europe était un Empire libre, c’est-à-dire le lieu d’une pensée neuve et immunitaire pour le plus grand nombre, alors il n’y aurait plus d’immigrés. Seulement des Européens.

Nous sommes aujourd’hui tous étrangers à la vraie vie et la haine de l’immigration est le reflet de notre haine de nous-mêmes et de notre asservissement aux dérèglements du Capital. Étrangers à une vision constructive, utopiste et neuve de l’Europe.

L’humanisme réel postéconomique n’a pas eu lieu puisque l’esclavage est le fonds de notre réel.

Je propose que nous soyons tous reconduits hors des frontières de l'Europe, Blancs, Noirs, Jaunes, Gris, Verts, jusqu'à ce que nous soyons devenus libres.



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