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23.03.2007

Peuplement de l'espace

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Le René de Chateaubriand, l'un des plus grands petits livres sur ce que les romantiques appelaient le Mal du siècle. Soif d'intensité sans compromis, sans baisses de fréquence, comme le désir d'une sursaturation du monde. Sturm und Drang – Tempête élan.

Ce qui est moins romantique, c'est de placer l'illusion du côté de l'absolu et la vérité du côté du vide. On n'est pas nécessairement fondé à les opposer comme des vases communicants. Le vide est une perception et un affect lié à cette perception. Croire que c'est une composante du monde, c’est l’objectiver.

La cause de la perception du vide, c'est peut-être l'idée que les choses ont un début, un milieu et une fin. Comme des machines que l'on brancherait, qui atteindraient leur plein régime puis qu'on éteindrait. Mais rien n'est jamais fini. Spatialité du vivre.

Tension au coeur du vide ne s'appuyant sur rien d'autre que cette idée : rien n'est jamais fini. Une volonté de persévérance et de don tranquille. Pas de début, de milieu et de fin mais des sphères qui s'imbriquent, la sphère musique dans la sphère écriture, la sphère toi dans la sphère moi, la sphère mécanique dans la sphère organique.

Un absolu qui dépend d'un début d'un milieu et d'une fin est-il encore un absolu ? C'est l'élan qui compte davantage que la Tempête. Le flux jamais coupé. Un fleuve massif qui ébranle tous les vides et les retourne. Que serait la musique sans le silence ?

Retourner le monde et non le broyer. Broyer c'est la définition de la création du vide. On retourne le silence et le désert – peuplement.



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