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20.04.2007

NOTES

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Devenir humain. Processus lent et insensé. Identique au devenir divin. L’humanisme est un régime d’épreuves. Il l’est de toute façon. Épreuve de la folie, épreuve de la solitude (ce qui est peut-être la même chose), épreuve de l’impuissance, épreuve de la jalousie (ce qui est une manière de se juger impuissant), épreuve de la vanité et de l’élan, épreuve de la presque mort et du trop plein de vie.

Un jour, on se stabilise dans une image de soi. Le jour suivant elle vacille. Un jour on croit avoir trouvé le Graal, et par humilité, on se détache de cette idée, on la donne. Un jour on croit savoir, le jour suivant, on se sait naïf. On aime parfois davantage sa naïveté que sa sagesse, car la sagesse, croit-on, rend laid tandis que la candeur serait une grâce. Un jour, on croit devoir se figer en statue digne, faute de tenir dans le trop-plein de vie.

Et puis il y a l’espoir, parfois pire ennemi que le désespoir. L’espoir n’est pas loin souvent de la volonté de toute puissance subjective. L’espoir est donc un désir de désespoir. Prendre la posture du désespoir, c’est encore se situer dans l’espoir.

Et puis il y a la volonté d’être soi-même, cette folie. Car ce soi-même on le place plus volontiers du côté de la toute puissance subjective que du côté de la petitesse de la chose. Et pour peu que le soi-même soi divin, alors est-ce encore soi-même ?

Et puis il y a la volonté de sentir, de pleines sensations d’ivresse. Volonté solipsiste. Ne faudrait-il pas s’interdire le sentir solitaire pour ne favoriser que le sentir à deux ? Mais sentir à deux, n’est-ce pas une impossibilité liée à notre idée que le sentir est pure subjectivité ?

Les uns à côté des autres, les uns se néantisant les uns les autres. Liés par quoi en dehors de ce contradictoire appel à un autre sujet qu’on transforme en même temps en objet (de mépris ou d’adoration) ? Être se dit au présent. Mais être ne se dit pas d’un sujet. Désirer se dit d’un sujet, or désirer, c’est s’aliéner, c’est se projeter, c’est faire de soi le reste pantelant du désir.

Une note d'espoir malgré tout ? À Paris, la porte de pantin donne sur la cité de la musique.



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