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19.09.2007

DIABOLUS IN MUSICA

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Avant de lire 'Chambre obscure', dont une métalolita qui m’est chère me dit qu'elle préfère, je lis en ce moment la nouvelle traduction de 'Lolita' chez folio. Nabokov s’enivre, avec une précision et une jubilation contagieuses, de mots qui semblent faits pour recouvrir le réel d’un écran d’angoisse papillonante (ou pour recouvrir l'Angoisse d'un écran de Réel).
Puis arrive cette phrase qui me paraît aussi essentielle qu’intrigante, comme un grave et subit accord tragique (le moment du commandeur chez Don Giovanni), page 242 : « Mais quelle concupiscence abjecte le lascif individu – j’ignorais son identité, mais, à bien y réfléchir, il ressemblait à mon oncle suisse, Gustave, lui aussi un grand admirateur du ‘découvert’ (en français dans le texte) – n’aurait-il pas éprouvée s’il avait su que chacun de mes nerfs était encore nimbé et oint par le contact de ce petit corps – le corps de quelque immortel démon déguisé en fillette. »
Ici est la faille, la contradiction, qui va probablement découper le narrateur en deux. Il dit être amoureux de la grâce infinie et divine de la nymphette, plutôt que des appâts vulgaires de la chair. Mais il avoue la possibilité que l’âme de cette fille soit celle d’une entité diabolique...
(À noter que cette couverture de l’édition de poche me paraît être d’un mauvais goût étonnant…)



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Commentaires

Elles sont l'ombre et la lumière. Qui se brûle aux flammes de cette dernière tombe dans l'indéfini de la part obscure et insondable de l'Eternel Féminin. La chute n'a pas de fin, que le souvenir de l'extase comme héroïne anesthésiante.

Écrit par : Jean | 25.09.2007

Soit. Mais la chute d'Humbert n'est-elle pas liée à une monodistribution du principe de jouissance. D'autres se refusent (non-systématiquement) l'extase au profit d'une suspicion à l'égard du pulsionnel. Thèmes de la profanation/activation du destin, de la dialectique désir/respect, des divers degrés du désir, du pari de la transcendance ou plus simplement des rémanences du châtiment divin... Aristote lui parlait de prudence (mais peut-être préférait-il les jeunes garçons).

Écrit par : Luis | 25.09.2007

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