28.10.2007
OASIS
Il était une fois deux mondes séparés par un large fleuve. Le premier monde était peuplé par les Poètes. Le second était la terre de la Poésie. Le fleuve, on l’appelait Pourquoi. La terre de la Poésie était une terre d’abondance où poussaient des plantes inimaginables. Sans cesse de nouvelles espèces animales ou végétales y naissaient, comme par génération spontanée. La terre des Poètes était en revanche aride, comme un désert. Le fleuve Pourquoi était violent et sauvage, il emportait tout sur son passage, et semblait décourager toute traversée. Pourtant, régulièrement, il arrivait qu’un ou une Poète parvînt à passer de l’autre côté, sur une embarcation de fortune. De la terre de la Poésie, il ramenait quelques graines qui, plantées dans le désert des Poètes, donnaient peu à peu une oasis où les rouges-gorges venaient se poser. Du sol désertique jaillissait alors une fontaine. Au milieu du vide, ces oasis éphémères semblaient encore plus belles que les forêts luxuriantes de l’autre rive – peut-être était-ce à cause de la danse, des rires et des pleurs des assoiffés qui venaient se baigner à leur source.
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09:30 Ecrit par Luis de Miranda | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note





Commentaires
C'est bien vu et très beau cette image de deux terres séparées par un fleuve.
Ecrit par : if6 | 06.11.2007
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