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31.07.2009

ANDALUCIA

 

Ancrage de l'impression
Une fenêtre opaque assemblée dans le roc
Le refus in extremis d'une immersion
Par élégance de la mesure, malgré le choc

La convalescence des rythmes les plus instables
Greffés aux fréquences solides
Le repos de la conquête posée sur la table
Rase, offerte au laisser-venir

L'humilité pour ambition
Le doute mué en respects locaux
La vida loca comme possible passion
Sans plus peur de l'échec ni des couteaux

 

 

 

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29.07.2009

La vitesse de l'ivresse

 

C’était l’époque où ils parlaient d’émergence. « Ils » désigne peut-être les médias. Qu’importe, tu ne les écoutais plus, regardais encore moins. Tu remontais des rues taboues en soufflant de désir et de regret, histoires de frustration volontaire.

Tu assistais aussi, par distraction, à des pièces de Shakespeare que tu avais déjà vues. Tu prenais des trains de banlieue pour aller humer l’eucalyptus et regarder les étoiles sans y voir tout. Tu avais par trois fois, au cours de ton existence, non quatre, non dix, ajoutais-tu, tutoyé l’impossible, touché l’infini du doigt. Mais tu n’avais que rarement franchi la limite, par peur, par pudeur, par manque d’abandon, par excès de protocole.

Plein abandon, plongeon total – ton impatience tinterdisait la vitesse de libération.

 

 

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23.07.2009

LA MUTATION À VENIR

Il est temps de changer – changer ? Mais quoi ? Nous, les humains. Nous tournons en rond, nous sommes instables, tantôt joyeux, tantôt déprimés. Hauts et bas, ballotés, nous ne nous sentons pas libres.

Il est temps aussi de cesser d’aller de l’avant, cahin-caha, sans visibilité, avançant un pas puis reculant de deux. Vivre une vie qui ne nous appartient pas. Se sentir à peine exister, ou alors par intermittences. Il est temps aussi de cesser de se croire heureux tout simplement parce qu’on est imbécile. Il est temps de cesser de se croire imbécile parce qu’on n’est pas heureux.

Le monde va mal. Partout la vulgarité triomphe, ou presque partout. Presque, car des centaines de milliers d’entre vous ne se satisfont pas de la fange sous laquelle le régime de l’Argent veut nous ensevelir à tout prix.

Nous méritons mieux que de consacrer notre quotidien à surnager au-dessus de la laideur. Une nouvelle espèce humaine devra voir le jour : elle aura eu le courage de travailler sur elle-même, individuellement, collectivement, pour ne pas céder à la consommation béate, pour ne pas s’abandonner au mépris de la noblesse et de la fragilité, pour grandir, spirituellement, pour viser la vertu d’exister plutôt que de se laisser trimbaler comme un corps qu’on gave, perdu, rat à stimulis.

Il est temps de ne plus céder au délire standard, à la nostalgie publicitaire, à l’envie des schémas de réussite nauséabonds. Il est temps que les esthètes s’unissent, ceux dont les âmes rêvent d’un monde harmonieux. Prenez conscience que vous n’êtes pas seuls : cessez d’imiter les cons, les vulgaires, les fausses joies mimétiques distillées par des médias paresseux. Vous êtes dignes d’autre chose. Mais cela ne se fera pas sans effort. Car à chaque instant, l’illusion du Réel viendra vous ramener sur le faux chemin de la norme, du raisonnable, de la compétition, de la simulation, de la facilité.

Le Réel n’existe plus : il est de la mort qui veut vivre. Le monde est votre co-création en devenir. Si vous perpétuez la merde, elle vous reviendra en pleine face. Il suffira que le vent tourne. Si vous en avez assez d’être les jouets du vent, prenez en main le gouvernail de votre vie. N’ayez crainte d’être seul.

Devenez les ascètes intenses du créalisme. Libres. Existants. Courageux. Faillibles parfois mais pas fangeux. Légers parfois mais jamais imbéciles. Car si vous respectez les plus hautes valeurs : le beau, le courage, le vrai, l’intensité d’exister, la conscience, la liberté d’être plutôt que d’imiter, la créativité quotidienne, vous découvrirez de nouvelles possibilités d’espace et de temps, de nouvelles formes à la perception.

Seule une mutation pourra nous sortir de notre cercle humain de souffrances et de joies éjaculatoires précoces, d’ignorance et de désunion. Cette mutation doit être l’effet d’un désir collectif. Si ensemble, de plus en plus nombreux, nous désirons de toutes nos forces une humanité libre, noble, intense, intelligente et responsable, si ensemble, de plus en plus nombreux, nous voulons vivre en harmonie avec la Terre, notre œuvre d’art commune, alors la mutation aura lieu. La tyrannie du Réel explosera. Le Créel sortira de ses digues pour voir le jour sous nos yeux, dans nos corps : exister, ici, maintenant, sans inquiétude, sans se sentir comme un fantôme dans la machine.

Il est temps de cesser de croire que la vie doit être facile. Intense, elle peut l’être comme une joute. Si vous vous vautrez dans la facilité, alors la dureté se concentrera pour nous éclater au visage d’un coup, par exemple sous forme de guerre. Ou de crise économique. Seule une autodiscipline quotidienne de tous peut éviter la bêtise, cet état de sous-animalité qui semble réjouir tant de jeunes et de faux jeunes aujourd’hui. Cette dureté est en même temps la plus haute joie, si elle est commune, une élévation du curseur de l’humain.

Il est temps que l’humanité s’élève. La mutation approche. Il ne tient qu’à nous qu’elle soit volontaire, vers le haut, ou qu’elle soit subie, vers le bas. Pour l’instant, la fange semble triompher, notamment dans les médias. Les cerveaux de beaucoup sont à vendre et ils ne valent pas grand chose.

Il est temps de muter.

Peut-être allons nous perdre le combat.

Mais au moins nous nous serons battus.

 

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22.07.2009

Triptique

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Lettonie, 18 juillet 2009

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15.07.2009

La Terre est notre oeuvre d'art

 

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La conviction que le travail artistique en solo n’est plus la réponse épique à l’époque m’est de plus en plus intime. Nos œuvres (tableaux, livres, images, musiques, films, performances...) sont si pléthoriques qu’elles resteront aujourd’hui plus ou moins inoffensives si elles ne s’incarnent pas dans un mouvement, un mouvement qui ne soit pas une église esthétique mais une lame de fond transformatrice des modalités de la perception et de l'existence communes.

 

D’autres l’ont souhaité, avant, y compris le surréalisme, ou l’Oulipo. Mais c’étaient des époques où les artistes étaient relativement rares et se servaient parfois des mouvements pour faire carrière. Aujourd’hui nous sommes à l’ère des artistes-sans-œuvre : tout le monde ou presque est ou se veut artiste. Tant mieux, dans un sens, mais que ce ne soit pas pour proposer des pièces, des morceaux, des objets qui se superposent et s’additionnent à la masse pléthorique des pièces, morceaux et objets artistiques disponibles. Le monde ne sera pas moins capitaliste si nos marchandises s’esthétisent. Le monde n'en sera que plus gestionnaire si les artistes eux-mêmes surproduisent, signatures contre signatures, chacun cherchant à étendre son territoire de séduction.

 

Faire mouvement pour dépasser l’artiste. C’est l’avancée que propose le créalisme : que la Terre soit désormais notre œuvre d’art commune, que nos pièces s’insèrent dans cet édifice collectif, qu'une architecture en réseau, co-créative, se dessine, mais que nous cessions de faire de l’art dans notre cellule, sans oser bâtir une cité telle que nous la rêvons, sans nous préoccuper des autres tels qu'ailleurs ils s'enclavent dans des courses à vide, dans les cages à chocs de la survivance, dans la volonté de statut (d'artiste, de maître, de dominant, de victime...).

 

En tant qu’artistes, nous ne devrions pas être en compétition les uns avec les autres. Nous ne sommes pas des producteurs d’objets consommables. Nous préparons le monde de demain, nous construisons la Terre comme œuvre d’art, et cela ne pourra se faire qu'en diluant notre ego trip dans un devenir humain plus vaste. Dans ce cas, oui, nous pouvons dire que nous avons tous à être artistes, mais par une œuvre commune qui transcende les articles de presse, les rétrospectives, les dictionnaires : la Terre.


Voilà ce que propose le créalisme : que nous soyons les architectes de la Terre et les artistes de l'existence, dont personne n'a encore prouvé qu'elle puisse être solipsiste, indépendante des autres. Le programme est magnifique : construire un monde où les humains dépassent leur incommunicabilité, leur aliénation partout présente, à tel point qu'il semble naturel à certains d'admettre que nous ne pouvons jamais être proches, hommes et femmes, enfants et adultes, artistes et artisans, ouvriers et penseurs.


Proches, nous le deviendrons, d'une fraternité de bâtisseurs de cathédrâles, si nos efforts sont tendus vers la Terre : éco-créalisme en effet. Relisons Marshall McLuhan : « Il est probable que dans le domaine de l’information, la plus importante des révolutions imaginables ait eu lieu le 17 octobre 1957 lorsque le premier Spoutnik instaura un nouvel environnement autour de la planète. Pour la première fois, le monde naturel se trouvait entièrement ‘contenu’ dans un ‘contenant’ artificiel. Dès que la Terre fut placée à l’intérieur de cet artefact humain, ce fut la fin de la nature et le début de l’écologie. Il était inévitable que la ‘conscience écologique’ naisse au moment même où la Terre acquérait le statut d’œuvre d’art. »

 

Le désordre, c’est la vie. L’ordre, c’est la survie. La liberté, c’est l’existence, c’est-à-dire l’extase qui peut naître de la dialectique entre vie et ordre, lorsqu’elle est vécue, non pas par un consommateur, ni par un statut d'artiste en attente de statue, mais par un homme ou une femme d’action, lié à d'autres humains en acte et en oeuvre.

 

La Terre est notre oeuvre d'art en devenir, impétrifiable fille de la vie et du chaosmos, nous accueillant pour jouer de ses cordes sensibles et sensées, en harmonie.

 

 

 


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11.07.2009

huit ans après

 

Voici un bel article datant d'hier, sur un roman que j'ai écrit il y a huit ans et que la crise semble avoir rendu à nouveau vivace...

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07.07.2009

"Le passé, on s'en fout", ou la pensée mannequin

J'ai eu l'occasion de dire ailleurs que Nietzsche me semblait être devenu le philosophe officiel du monde de la mode et notamment des jeunes mannequins. "Nietzsche, c'est high style", m'a confié un jour une jeune créature aff(ri)olante.

Hier soir, passant devant la librairie Assouline, je me suis invité – donnant un faux nom et un vrai sourire à l’hôtesse d’accueil –, à un cocktail de nouveaux riches présentant l’ouvrage Russian Style, soit une série de photos d’icones russes ou soviétiques.

Feuilletant le livre, je suis tombé sur ce cher Raspoutine. Une immense blonde d’une beauté plastique insolente jeta un regard furtif à l’image hypnotique du moine défroqué par-dessus mon épaule. Je lui ai demandé, bienveillant et pédagogique : « Raspoutine, d’après vous, était un gentil ou un méchant ? »

« Le passé, on s’en fout », m’a-t-elle répondu en riant et en prenant une nouvelle coupe de champagne.

J’ai donc quitté cet endroit, reconnaissant que je ne serai jamais aussi « nietzschéen » qu’une jeune mannequin moderne aux jambes propices à l’oubli.

Raspoutine, alias le capital culturel, n’a plus beaucoup de valeur marchande ? Qu’à cela ne tienne, la prochaine fois, je parlerai de Poutine.

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06.07.2009

Fluxx

 

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