24.10.2009

Pétition pour un débat télévisé entre Nietzsche et Jésus

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19:44 Ecrit par Luis de Miranda | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note

23.10.2009

Tables humaines en multiplication

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Les artifices passent, se posent et viennent éclore en une explosion de formes, de chairs, de couleurs. La température est ambiante, nul regard à l’intérieur de l’œil, nulle lueur à l’écart de notre présence ici, là.

Expositions multiples des artistes, montrant combien morte est la peinture, l’installation, l’artisterie galeriste. Des corps tracent des lignes d’évitement ou de propriété. Je suis à toi tu es à moi. Minuscules particules dont chaque accroc est une lettre, mais dont les lettres ne forment pas de phrases.

Le monde n’appartient plus aux harangueurs de foule, mais à la propreté des cases chiffrées. Quel est le prix à payer pour cette case ? Quelle est la case à ronger pour cette absence de regard ? Pourquoi un humain transformé en œuvre ne parlerait pas ? Parce qu’il a un prix, et quand bien même il parlerait, il ne dirait rien.

 

 

00:15 Ecrit par Luis de Miranda | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

15.10.2009

TRAVERSÉS PAR LES FLUX ENIVRANTS

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Portons-nous à la puissance du modulant créaliste.

Tandis que les individus trépignent, s’agitent, suent corps et âme à la recherche de leur moi, l’époque avance, collective mais sans valeurs capitales autres que ces forces génériques qui absorbent le sujet en mal de compléments.

Partout de grands machins : grand machin musulman, grand machin femme, grand machin jeune, grand machin cadre, grand machin people. Vous voulez connaître le prototype du Général aujourd’hui ? L’Islam ou le Capital, même combat inversé. Le prototype de la Femme aujourd’hui : regarder du côté de Madonna, caméléon boursouflé, sans humour et opportuniste. À moins que ce soit la « petite French » souriante et prête à tout pour être photopornographiée par Hollywood et Chanel. Le prototype de l’Homme ? Le footballeur sans couilles, ne voyant pas plus loin que son ballon et ses cuisses. Le motif du jeune ? Le lycéen américain qui se préoccupe de ses semblables moutons plutôt que du lointain, du savoir et de l’Autre, et dont le langage est fait de trop peu. Heureusement, beaucoup s’écartent de ces collectifs sans tête, de ces protostéréotypes au feu d'allumette.

Le créalisme n’est pas un individualisme. C’est une force commune. Ce n’est même pas seulement un collectif, car il n’est pas que matière. C’est un modulant, entre le générique et le général : il exprime un style, un axe, une direction, une force en devenir. Il s’agit de conquérir des terres en les civilisant, de prendre des territoires aux gestionnaires de la mort-vivance et de rendre ces territoires de nouveau parcourus par des courants en spirale, riches de correspondances, de musique et de magies ascendantes. L’individu ne vaut que traversé par ces flux enivrants, pourvu qu’il ne s’en croie pas possesseur.

Nous sommes souvent des artistes ou des réfléchissants, soit. Mais nous le sommes trop souvent encore dans un rapport privatif avec l’être. Nous avons atteint à la propriété bourgeoise du flux vital par l’art et nous en sommes fiers. Il est temps de cesser de parquet la poésie comme l’on épingle les papillons et de nous déplacer, aventuriers, dans l’espace-temps du même rêve multiple. Disposés à l'existence plutôt qu'exposés dans des galeries. Doucement dérangés en libres rires plutôt que tristement rangés en librairies.

Mélancoliques individus, lâchons notre quête du moi tout-terrain et surpuissant, méprisant de ce qu’il y a de meilleur en nous et qui nous élève. Notre ressentiment compétitif ne sait plus admirer les maîtres et même plus les envier. Car nous envions les glorioles massives des collectivisés sans autre dessin que leur volonté d’être au-dess(o)us des autres dans l’échelle des consommables.

Groupules, crapules, bulles, trouvez une force qui enfante un monde qui ressemble à votre désir enchanté de couleurs émotives, de spirales sensuelles, de danses spirituelles. L’appauvrissement des conditions collectives de vie, l’asservissement des âmes à la forme individuelle avide, la mort du général dans la généralisation, tout cela le créalisme le combat sans donner dans l'administration de l'événementiel, en lave volcanique courant sous nos rues froides et nos décors de mauvais cinéma. Le créalisme est une politique de l’avenir portée séculièrement par la valeur foi. Le créalisme est l’intérêt général porté à la puissance Joie.

Que puis-je faire ? Cesser de lutter en tant qu’individu seulement. Mais toujours en même temps comme force générale de combat contre le rétrécissement et l’appauvrissement de notre forme de vie.

Que m’est-il permis d’espérer ? M’incarner dans un mouvement qui me purifie du cancer de l’envie, de la jalousie, des mesquineries compétitives, de la gestion de carrière, du malentendu amoureux, du destin aveuglé par les impératifs décapitants du temps-argent.

Que dois-je croire ? Qu’une armée se lève qui ne veut plus entendre parler des groupules et des trahisons ridicules, des âneries, des médiocrités et des crapuleries, des ego trips, des strip tease sans cause et des plébiscites d'overdose. Cessons de monter sur les épaules les uns des autres pour voir un spectacle navrant, cessons de crier à qui mieux mieux sa tue-tête, d'être de la nulle tétée l'aspirant. Le monde est notre création et notre destin. S’il est laid aujourd’hui, c’est que nous le voulons tel. S’il est partout privatisé, exproprié, mesquinisé, madonnisé, coranisé, c’est que notre corps est complice de ses affects tristes. Il est temps que la capacité de gratitude arrose nos sols anthropophages et fertilise nos cerveaux sages comme des images.

Vous n’êtes rien tout seuls, des scribouilleurs, des gribouilleurs, des assoiffés d’épate d'une galerie déjà indifférente, des propagandistes de vous-mêmes, des libidineux de momies, des noeuds d'angoisse et des empileurs d'amis. Portons-nous par-delà les nationalismes, les tribalismes, les communhautainrismes, les clientélismes, les onanismes, les identifications pulsionnelles, la loi commerciale du Grand Poubellique, les hygiénismes, les bordélismes, les grippismes, les bonusismes et faisons échec aux audimats.

Sous les pavés, la lave d'une tectonique des actes.

Portons-nous par-delà nos silences de vers de terre rongeurs de freins. Rassasiés de liberté, n'ayons plus faim de lendemains.

Révélons-nous en magiciens dont les tours restent, à ce jour, truqués d’amour.

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08:03 Ecrit par Luis de Miranda | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

07.10.2009

Jésus vs. Nietzsche : le débat

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TEXTOSTÉRONE

Bonjour, c’est la première de Textostérone, émission de débat d’idées. Aujourd’hui, nous accueillons Jésus de Nazareth et Friedrich Nietzsche. Le premier est connu depuis 2000 ans pour avoir dit « Dieu est amour ». Le second est connu depuis 100 ans pour avoir écrit « Dieu est mort ». C’est la première fois qu’ils sont réunis sur un plateau, et c’est sur Textostérone, l’émission qui fertilise vos neurones.

Je commencerai par une question qui s’adresse à chacun de vous, et si vous le voulez bien, nous donnerons d’abord la parole à Jésus de Nazareth : Dieu est-il amour ou est-il mort ?

Jésus : Pourquoi cette opposition naïve ? Les hommes ont l’habitude de voir la mort comme une ennemie et de la haïr. En vérité,  il a été dit : tu aimeras ton prochain et tu pourras haïr ton ennemi. Et moi je vous dis : aimez vos ennemis. Aimez donc la mort car elle vous mènera auprès de Dieu. La mort charnelle n’est qu’une illusion.

Nietzsche : Je suis d’accord sur le fait qu’il faille aimer ses ennemis. Mais le christianisme nous a assez bercé de ses illusions et de ses arrières mondes. Il faut quitter la vie comme Ulysse quitta Nausicaa, en la bénissant plutôt qu’en l’aimant. Sur ce point je suis d’accord. Mais nous n’avons ni besoin de l’hypothèse Dieu ni d’un Paradis éthéré pour affronter la mort. Celle-ci est l’échéance qui donne du courage à l’homme conquérant.

Le présentateur : Que voulez-vous dire ?

Nietzsche : Aimer la vie, c’est aimer le désir, Éros. Pour le christianisme, le désir est un vice et c’est un reproche fait à la vie. Comment peut-on prêcher l’amour et fustiger le désir ? C’est une ignominie.

Le présentateur : Jésus de Nazareth, vous vous voyez en représentant du vice ?

Jésus : Les scribes et les pharisiens se sont installés dans la chaise de Moïse. Ils cachent leurs doutes à la plèbe. Si j’ai un vice, c’est d’avoir douté sur la croix. Mais je ne m’en cache pas. Quant à Monsieur Nietzsche, il confond Eros et Agapé. Seule l’Agapé mène à la vie éternelle. Le désir est ce qui doit être sublimé dans le sacrifice. Le désir sans idéal divin, c’est de la rage.

Nietzsche : Et bien, je préfère la rage de l’éternelle vitalité à la tiédeur coupable de la vie éternelle. En réalité, Jésus, vous haïssez la vie, puisque vous en réfutez la part sauvage. Vous êtes le père de l’hygiénisme contemporain, le contempteur du corps, le castrateur des grands élans héroïques.

Jésus : Il ne faut pas donner aux chiens les choses saintes.

Nietzsche : Mais on ne peut pas vivre sans ses chiens, de même qu’on ne peut vivre sans son corps. Un amour sans corps est un fantasme de jeune fille.

Jésus : Vous vous y connaissez mieux en folie. Je m’y connais mieux en vérité.

Nietzsche : La vérité n’existe pas. C’est toujours une stratégie de domination que de brandir le linceul de la vérité. Si votre vérité est aussi triste et froide que vos églises, je préfère la démesure de Dyonisos.

Jésus : La vérité, c’est la compassion, c’est la lumière de la Conscience. Si je suis mû par mes pulsions, je n’existe pas. C’est dans l’extase et l’amour de la transcendance que se puise le vrai bonheur. Pensez-vous que je n’aie pas eu un corps moi aussi ? Je l’ai traversé ! Ils l’ont cloué et transpercé par le fer, et c’est par ce sacrifice de mon corps contingent et indistinct que j’ai pu m’asseoir à la droite de Dieu.

Nietzsche : La compassion ? Mais, c’est perdre sa force que de compatir. La compassion est l’arme des faibles pour ralentir les forts. Le monde doit cesser de valoriser la survie de tous et privilégier le dépassement de quelques uns. La civilisation est toujours faite par de grands passionnés, qui ne se demandent pas avant d’agir s’ils sont coupables d’orgueil. La vie est une femme. Il faut la prendre comme telle…

Le présentateur : Jésus de Nazareth, qu’elle est votre position par rapport aux femmes ?

Jésus : Dans la condition de foi, on ne prend ni femme ni mari, mais on est comme les anges de dieu dans le ciel.

Le présentateur : Il me semble que vous exprimez des vues complémentaires, et qu’une philosophie saine réunirait vos deux polarités. D’ailleurs, vous êtes aujourd’hui aussi populaires l’un que l’autre. Comment vivez-vous la célébrité ?

Nietzsche : c’est Jésus qui de nous deux est et restera toujours le plus populaire… Moi je préfère avoir le peuple contre moi.

Le présentateur : Nietzsche, vous ne pouvez nier que depuis cent ans, vous avez de plus en plus d’adeptes, y compris parmi les gens du showbiz.

Jésus, buvant dans un verre de vin : Je dois dire que Nietzsche doit avoir beaucoup souffert de sa simplification par les va-t-en guerre de tout poil. Moi je ressens son amour de la vie. Au fond, il n’est pas très loin de Dieu.

Nietzsche : Vous voulez dire, pas très loin de nulle part ? N’essayez pas de m’attendrir. Je vous ai à l’œil.

Jésus : Vous avez une poutre dans l’œil.

Nietzsche :  Tout mon corps est poutre. Faite d’un bois avec lequel vous ne construirez pas d’Eglise.

Jésus : Je préfère la pierre, car le bois brûle trop facilement.

Nietzsche : Ce qui prouve qu’il a du feu.

Jésus : Qui a tué par le feu périra par le feu.

Le présentateur : Messieurs, une autre question : L’homme est-il une erreur de Dieu ou Dieu une erreur de l’homme ? Nietzsche, vous voulez répondre ?

Nietzsche : C’est évident. Dieu est une erreur de l’homme.

Jésus : Lorsque qu’il a fait quelque chose qui le fait souffrir, le pire des athées en appelle à Dieu pour le soulager. Lorsqu’il réussit, le plus grand des conquérants, instinctivement, remercie la Divinité ou le Destin. N’est-ce pas la une contradiction ou une hypocrisie ? Dieu naît donc aussi de la détresse ou de notre instinct de compétition. Mais il y a un dieu intérieur qui est plus vivant et sublime que l’ambition la plus héroïque. Celui là s’appelle foi et amour de la vie.

Nietzsche boit dans sa tasse de thé, puis : Je suis d’accord. Si Dieu existe, il est amour de la vie. Mais je nie le fait que Jésus ait vraiment foi en la vie. Car sinon il en aimerait les excès, le tragique.

Jésus : Le tragique n’est que l’autre nom de la peur et de l’agitation. Les excès naissent du manque. Du manque de Dieu. Tout votre capitalisme lubrique nait du manque d’un Absolu.

Nietzsche : Le capitalisme se réclame souvent de ma philosophie, parce que j’ai chanté la lutte et la guerre comme composants de la vie. Mais je m’oppose au culte des objets. Je n’ai même pas de téléphone portable.

Le présentateur : Voici l’ultime question que nous poserons à tous les invités au terme de notre programme : si vous ne deviez emporter qu’un objet sur Mars, quel serait cet objet ? Jésus ?

Jésus : Une graine à planter, mais plutôt sur Vénus.

Le présentateur : Nietzsche ?

Nietzsche : Peut-être une femme.

Le présentateur : Mais la femme n’est pas un objet !

Nietzsche : La femme est le repos du guerrier.

Jésus : Non, elle est la guerrière du Repos.

Le présentateur : Merci, messieurs. Notre temps d’antenne malheureusement touche à sa fin, mais le débat sur la vie, ou si j’ose dire, le fait de se débattre dans la vie, continuera. Je renvoie les spectateurs à leur conscience. Textostérone, l’émission qui fertilise les neurones.

13:08 Ecrit par Luis de Miranda | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

04.10.2009

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16:26 Ecrit par Luis de Miranda | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note

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