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23.10.2009

Tables humaines en multiplication

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Les artifices passent, se posent et viennent éclore en une explosion de formes, de chairs, de couleurs. La température est ambiante, nul regard à l’intérieur de l’œil, nulle lueur à l’écart de notre présence ici, là.

Expositions multiples des artistes, montrant combien morte est la peinture, l’installation, l’artisterie galeriste. Des corps tracent des lignes d’évitement ou de propriété. Je suis à toi tu es à moi. Minuscules particules dont chaque accroc est une lettre, mais dont les lettres ne forment pas de phrases.

Le monde n’appartient plus aux harangueurs de foule, mais à la propreté des cases chiffrées. Quel est le prix à payer pour cette case ? Quelle est la case à ronger pour cette absence de regard ? Pourquoi un humain transformé en œuvre ne parlerait pas ? Parce qu’il a un prix, et quand bien même il parlerait, il ne dirait rien.

 

 

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15.10.2009

TRAVERSÉS PAR LES FLUX ENIVRANTS

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Portons-nous à la puissance du modulant créaliste.

Tandis que les individus trépignent, s’agitent, suent corps et âme à la recherche de leur moi, l’époque avance, collective mais sans valeurs capitales autres que ces forces génériques qui absorbent le sujet en mal de compléments.

Partout de grands machins : grand machin musulman, grand machin femme, grand machin jeune, grand machin cadre, grand machin people. Vous voulez connaître le prototype du Général aujourd’hui ? L’Islam ou le Capital, même combat inversé. Le prototype de la Femme aujourd’hui : regarder du côté de Madonna, caméléon boursouflé, sans humour et opportuniste. À moins que ce soit la « petite French » souriante et prête à tout pour être photopornographiée par Hollywood et Chanel. Le prototype de l’Homme ? Le footballeur sans couilles, ne voyant pas plus loin que son ballon et ses cuisses. Le motif du jeune ? Le lycéen américain qui se préoccupe de ses semblables moutons plutôt que du lointain, du savoir et de l’Autre, et dont le langage est fait de trop peu. Heureusement, beaucoup s’écartent de ces collectifs sans tête, de ces protostéréotypes au feu d'allumette.

Le créalisme n’est pas un individualisme. C’est une force commune. Ce n’est même pas seulement un collectif, car il n’est pas que matière. C’est un modulant, entre le générique et le général : il exprime un style, un axe, une direction, une force en devenir. Il s’agit de conquérir des terres en les civilisant, de prendre des territoires aux gestionnaires de la mort-vivance et de rendre ces territoires de nouveau parcourus par des courants en spirale, riches de correspondances, de musique et de magies ascendantes. L’individu ne vaut que traversé par ces flux enivrants, pourvu qu’il ne s’en croie pas possesseur.

Nous sommes souvent des artistes ou des réfléchissants, soit. Mais nous le sommes trop souvent encore dans un rapport privatif avec l’être. Nous avons atteint à la propriété bourgeoise du flux vital par l’art et nous en sommes fiers. Il est temps de cesser de parquet la poésie comme l’on épingle les papillons et de nous déplacer, aventuriers, dans l’espace-temps du même rêve multiple. Disposés à l'existence plutôt qu'exposés dans des galeries. Doucement dérangés en libres rires plutôt que tristement rangés en librairies.

Mélancoliques individus, lâchons notre quête du moi tout-terrain et surpuissant, méprisant de ce qu’il y a de meilleur en nous et qui nous élève. Notre ressentiment compétitif ne sait plus admirer les maîtres et même plus les envier. Car nous envions les glorioles massives des collectivisés sans autre dessin que leur volonté d’être au-dess(o)us des autres dans l’échelle des consommables.

Groupules, crapules, bulles, trouvez une force qui enfante un monde qui ressemble à votre désir enchanté de couleurs émotives, de spirales sensuelles, de danses spirituelles. L’appauvrissement des conditions collectives de vie, l’asservissement des âmes à la forme individuelle avide, la mort du général dans la généralisation, tout cela le créalisme le combat sans donner dans l'administration de l'événementiel, en lave volcanique courant sous nos rues froides et nos décors de mauvais cinéma. Le créalisme est une politique de l’avenir portée séculièrement par la valeur foi. Le créalisme est l’intérêt général porté à la puissance Joie.

Que puis-je faire ? Cesser de lutter en tant qu’individu seulement. Mais toujours en même temps comme force générale de combat contre le rétrécissement et l’appauvrissement de notre forme de vie.

Que m’est-il permis d’espérer ? M’incarner dans un mouvement qui me purifie du cancer de l’envie, de la jalousie, des mesquineries compétitives, de la gestion de carrière, du malentendu amoureux, du destin aveuglé par les impératifs décapitants du temps-argent.

Que dois-je croire ? Qu’une armée se lève qui ne veut plus entendre parler des groupules et des trahisons ridicules, des âneries, des médiocrités et des crapuleries, des ego trips, des strip tease sans cause et des plébiscites d'overdose. Cessons de monter sur les épaules les uns des autres pour voir un spectacle navrant, cessons de crier à qui mieux mieux sa tue-tête, d'être de la nulle tétée l'aspirant. Le monde est notre création et notre destin. S’il est laid aujourd’hui, c’est que nous le voulons tel. S’il est partout privatisé, exproprié, mesquinisé, madonnisé, coranisé, c’est que notre corps est complice de ses affects tristes. Il est temps que la capacité de gratitude arrose nos sols anthropophages et fertilise nos cerveaux sages comme des images.

Vous n’êtes rien tout seuls, des scribouilleurs, des gribouilleurs, des assoiffés d’épate d'une galerie déjà indifférente, des propagandistes de vous-mêmes, des libidineux de momies, des noeuds d'angoisse et des empileurs d'amis. Portons-nous par-delà les nationalismes, les tribalismes, les communhautainrismes, les clientélismes, les onanismes, les identifications pulsionnelles, la loi commerciale du Grand Poubellique, les hygiénismes, les bordélismes, les grippismes, les bonusismes et faisons échec aux audimats.

Sous les pavés, la lave d'une tectonique des actes.

Portons-nous par-delà nos silences de vers de terre rongeurs de freins. Rassasiés de liberté, n'ayons plus faim de lendemains.

Révélons-nous en magiciens dont les tours restent, à ce jour, truqués d’amour.

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