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23.11.2009

Luis de Miranda traduit en arabe

 

Mon roman LA MÉMOIRE DE RUBEN vient d'être traduit en arabe par la maison d'édition de Walid Soliman, qui a notamment traduit Mario Vargas Llosa. Voici la préface que je viens d'écrire pour cette occasion. Le livre sortira normalement début 2010 en Tunisie.

 

 

 

Vous tenez entre les mains le résultat conjugué d’une passion d’éditeur et d’une infinie patience de traducteur. J’ai parfois l’impression d’être moi-même traducteur lorsque je compose un roman. Traduire une impression sans la trahir demande une attention méditative, une ouïe de sourcier, et des soins d’artisan. Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage. Le français n’est pas ma langue natale : ainsi ai-je la chance – autant que le malheur – de ne pas être victime de l’illusion de naturalisme qui peut saisir ceux qui ont un rapport irréfléchi avec leur propre langue. Et voici que mon texte, par la magie industrieuse d’un amoureux du Beau, Walid Soliman, est transposé dans une autre musique, magnifiquement lointaine.

Il faut du courage pour tenir ferme l’axe du Beau. Ce courage est contagieux. Je n’ai jamais cessé de croire qu’il ne fallait jamais baisser les bras face à la lâcheté de la beaucoup d’éditeurs et d’écrivains, qui ont renoncé à l’élégance d’une prose animée par le souci d’être juste, pour sacrifier à la facilité d’une écriture standard et sans art.

Dans ce roman, j’ai tenté de faire chanter deux âmes aussi proches qu’un auteur et son lecteur. J’ai tenté de dire la fin de l’enfance et le passage à un âge adulte qui ne soit pas fait de renoncements, de la perte de ce qui, adolescents, nous élevait jusqu’aux sommets de la fierté d’être humain : une intimité avec la liberté, un espoir d’aventure, et l’idée que la cohabitation avec les fantômes qui aujourd’hui décident trop souvent de nos destins doit être évitée, car elle finit par vous transformer vous-même en revenant. La littérature, c’est l’enfance retrouvée. Elle est comme une machine de guerre et un instrument de musique à la fois. L’ennemi est international : c’est le prosaïsme, la vulgarité d’une langue sans feu, la violence politique ou médiatique, la bêtise et la loi de l’argent. Le remède, c’est la foi dans le Beau. Cette foi aussi est internationale.

C’est avec honneur que je vous livre ici ma mélodie, transposée par un autre musicien. Un conte sur la mémoire, dans une langue d’une portée immémoriale.

 

 

 

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