Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

22.12.2009

Bonne nuit

 

La pleine correspondance ne s'atteint pas à la source de la renommée, elle se coupe de long en large comme un corps sans atmosphère, comme un vice retourné, sec.

Nous n'avons pas atterri à la destination souhaitée, faute de destinée, mais cet écueil est un salut, de par le fait que l'espoir est réputé naître là où se débat le goût.

Par les interstices de l'échec s'époussièrent les normes, s'effritent les palais sans âme et les âmes sans palais.

Nos nudités font un monde, puis plusieurs, communiquant par impressions ailées, fuyant les rires démunis.

Finir par être compris dans une langue qui n'est pas la sienne, voir passer au présent toutes les possibilités du passé, invertir les renversements nocturnes...

Et voir une nuée d'humains assis en cercle autour d'un feu aux trois pointes, chantant le silence, délimitant le vacarme hors des limites, le sublime étant présenté par-delà l'humilité d'un visage lisse et d'un cadavre qui ne sait que faire après la mort.

Les canaux empruntés pour la première fois, impraticables deux fois, différenciés par la répétition.

Jamais ne saurez les images, les passages, les causes accidentelles.

Car les effets, bien que tardifs, sont les vraies causes peut-être.

 

18:21 | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer

20.12.2009

DÉ-MONSTRER

 

 

Le règne du silence n’était pas advenu. C’était au contraire partout le bruit, le vacarme, des injonctions qui nous sortaient de notre terre, de notre racine singulière pour projeter notre âme à la surface de l’illusion humaine. Face à la nécessité d’apparaître normal, les soit disant monstres étaient enfouis, timorés, et la beauté de leur souffle bâillonnée. Certains êtres pourtant avaient réussi à préserver leur rapport à l’étrange, et ils n’avaient pas été domestiqués. Chaque jour ils se débattaient avec les codes et la déroute, les masques de la civilisation, ou plutôt ce qu’il en restait. Le monde commun était pauvre mais tyrannique. Pour que d’autres mondes affleurent et se tissent, passent de la virtualité à la solidité, il faudrait beaucoup de courage.

 

 

_____

13:34 | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer

18.12.2009

Avant-programme

Convergence des atomes vers le règne de l’insouciance.

Où l’on ne mesure plus le succès à l’aune de l’outrance.

Perte et fracas de l’immanence, au titre de location de soi.

Maîtrise instinctive de ce qui ne dure pas.

 

Tu me pourvoies de ton aisance, par un regard sur les yeux fermés.

Les apparences sont enfin devenues trompeuses,

Car les dictons populaires sont des programmes à déplier,

À la source de l’inadvertance, de la mémoire oublieuse.

 

Nous répondrons point par point par le silence

Et les actes au cœur même du réel

Les mains plongées dans l’expérience

Le verbe ancré dans le créel.

 

 

 

________

16:22 | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer

14.12.2009

Le modulateur

 

 

Le monde était vierge à nouveau, riche, inouï, me dit le modulateur. Je n’avais pas conscience d’être seul et donc je ne l’étais pas, ajouta-t-il. Les murs gris, pourris, homogènes édifiés par les spectres au regard morose n’avaient pas suffit à m’arrêter, à tuer ma foi, mon élan. Je renaissais multiple, dit-il, vivant, neuf et sain. J’avais longtemps résisté aux moules en me moulant moi-même selon d’autres ordres. Mais c’était encore une pratique sacrificielle, lente, homogénéisant le champ des expériences, n’aiguisant pas toujours le flair. Désormais je modulerai, précisa-t-il en souriant.

 

Cela supposerait une rapidité d’esprit et de perception tendant vers la vitesse de la lumière, l’excédant peut-être. Tandis que le moule applique un filtre préconçu à une situation, l’esprit modulateur passe en revue un grand nombre de possibles avant de choisir sa manière d’exister à chaque instant. Cela suppose de traiter à chaque seconde un grand nombre d’informations et de se diriger au flair. Il ne s’agit pas seulement de persévérer dans son être, à moins de considérer cet être comme ayant soif d’expériences intenses venant éprouver le courage. Chaque expérience surmontée, traversée, rend la vie plus amusante, révèle la capacité à accroître son territoire d’existence, à se renforcer. Il s’agit de passer par plusieurs sensations et émotions, pas nécessairement héroïques en elles-mêmes mais fières tant que conscientes : pourquoi pas par instants, et pour rire, l’humilité, la fragilité, la soumission. Il n’est pas impossible que les émotions, les sentiments, aient été inventés par jeu, pour éprouver des choses diverses, ne pas sombrer dans l’ennui et le réalisme. C’est par bêtise qu’ensuite l’humanité a éprouvé ces sentiments au premier degré, sans la joie de celui qui ne s’identifie pas aux remugles du corps.

 

 

____

21:59 | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer

MANIFIESTO DEL CREALISMO

        


Ocho puntos para un infinito en pie.



1. En el corazón de lo real actúa una creación continua,
material y espiritual. “El mundo es/debe ser nuestra co-creación”
es la ética diferencial de los sujetos singulares. Verdad cuyo
evento ínter-relacional no cesa de surgir aquí y allá a través
de la Historia. Verdad a menudo olvidada frente a las
humillaciones desalentadoras del “mundo como va” y
de los “humanos como son”. El crealismo no es un
antropocentrismo que separaría artificialmente
una naturaleza-objeto de un humano-dueño y posesor.
Hay complicidades y afinidades activas
entre el caosmos y aquel que se hace digno
de escucharlo y obrarlo.



2. El capitalismo altera al mundo y empuja a los humanos
a desear alterar su cuerpo y su alma según
estandartes ansiogénicos.
Se trata de aspirar (tantos otros lo clamaron
mejor antes que yo) a una alteridad diferencial en acto,
una ética amorosa, política, erótica,
estética, cósmica, profesional hecha de
ascesis aventurada y de tentativa heroica
de no amonedar sus éxtasis. La estancia contra
el nihilismo hypnagógico pasa por una exigencia
aparentemente megalomaníaca de descondicionamiento
en devenir, una política po(i)ética
que intenta devolver a la imaginación deseante,
a la ideación voluntaria y generosa,
al esfuerzo de invención y de apoyo
de estructuras nuevas, sus letras de nobleza
en el tema de la existencia.

3. Por supuesto, en la escala in-dividual, los resultados
no son a menudo espectaculares.
El crealismo es una autodisciplina
a veces ascética en un mundo
donde las complicidades duraderas
son escasas (la envidia competitiva
ha colonizado todas las esferas, incluso donde la tradición
menos la esperaba), los frecuentes obstáculos fríos
(idiotez e indiferencia) y los pozos de melancolía omnipresentes.
Pero el crealismo también es un éxtasis sensible y mental,
una fuente y una manifestación de alegría.

4. El crealismo plantea la primacía de la creatividad
en el corazón del ser, y lejos de
estar dispuesto sólo a las disciplinas artísticas,
se trata de la dinámica de extensión de territorios vivos,
una praxis ensayable y colectiva de la singularidad.
Bajo esa acepción, lo Creal es un brotar
imprevisible, un telar vivo de interrelaciones con
vocación no-determinista, mientras que lo Real es su abono
compuesto, su marco automatizado.


5. Para los que creen en « Dios », el crealismo llega a
suponer que Él no esta fijado de una vez por todas.
Su identidad cambia sin cesar a medida
de su co-creación con sus criaturas.
El universo es una partición musical
en constante (re)composición,
al hilo del cual las improvisaciones siempre son posibles.
Somos todos más o menos divinos
según los momentos de nuestra vida,
a veces durmientes ávidos,
a veces actores y sensores de lo Creal.
El acceso al diálogo lúcido con las fuerzas amantes del mundo
es más fácil cuando el sujeto
tiene una cierta ascesis antimimética
y domina sus pulsiones de consumo y de regresión,
al precio de un esfuerzo de renunciamiento
a los (dis)gustos pavlovianos.
No es fácil, porque el totalitarismo del consumo y del fango nos
moviliza sin cesar, excitando
nuestras neuronas cansadas de sus
mensajes en apariencia contradictórios
(falsa libertad de elección entre
el higienismo y el pipicaca).
Cada día, el sistema capitalista gasta sumas
inmensas para debilitarnos.
Pero por suerte, aún los débiles son mentales…

6. Contra las castraciones de los siniestros despreciadores
del vuelo, contra la colonización de lo íntimo por imperativos
publicitarios duplicitarios, los crealistas siempre fueron relativos
sacrificadores de la comodidad estandarte
(cierto lujo les es, sin embargo, esencial).
Fueron los filtros del ser, de los altos-parlantes, refinadores del caos.
Sigamos su ejemplo, o aguantemos más y más las consecuencias
esquizonevróticas de un mundo que se ha vuelto estancado por nuestro
abandono o nuestra colaboración con la miseria mercantil, la morosa
emulación simuladora, la sumisión al dinero que confundimos,
como lo escribía Marx, con el prójimo. Actuar o sufrir la vergüenza
cotidiana que intentan infligirnos los soldados
(tanto mujeres como hombres) de la sociedad de clases.
Volverse brujo/zahorí de las formas,
de las intensidades y de las coincidencias, en vez de aceptar la banalidad
de los códigos de una época saturada de callejones sin salida.


7. Una situación de borboteo amoroso, de sincronicidades, un deseo
de justicia que va más allá de las reivindicaciones salariales,
un hermoso torneo sin hipocresías entre adversarios nobles.
Todo menos la pusilanimidad de los arranques atrofiados,
el embrutecimiento de los estímulos
y la idiotez hambrienta, llorona, burlona,
fatalista. La Historia acaso será triste?
Deleuze decía : « La historia apenas designa el conjunto
de condiciones tan recientes sean, de las cuales uno se aparta
para « devenir », es decir para crear algo nuevo ».

8. El crealismo es una política de lo Real como co-creación
en devenir, donde el sujeto coherente-activo ocupa un lugar co-central
con el armonio cósmico, donde la imaginación, la pasión, la voluntad,
el arte, el deseo, el amor vuelven a definir
sin cesar, en el presente y en acto,
las condiciones de posibilidad de una vida desalienada,
de una existencia libre.

Luis de Miranda

11:43 | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer

07.12.2009

To be

 

Image 2.png

 

 

 

Do I affirm life ?
Does life affirm me ?
Am I firm enough to be ?
Do I exist over the shore
As I refuse to die no more ?

10:34 | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer

04.12.2009

La science de la magie quotidienne

Image 1.png

 

 

 

 

 

 

 

Faut-il posséder une bibliothèque dans sa salle de bains ? Le 10 février 2009, Florestan Princetou eut, l’espace d’un instant, l’orteil gauche aspiré par le siphon de sa baignoire. Il perdit l’équilibre, s’accrocha au rideau de douche, qui céda. Par l’effet de la mécanique ondulatoire, son corps fut projeté hors la baignoire. Sa tête alla percuter le pied du petit meuble rempli de livres que, pour faire de la place dans son studio, il venait d’installer la veille à côté de l’évier. Il ne perdit pas connaissance immédiatement. Mais la bibliothèque trembla. L’un des livres se détacha de l’ensemble pour venir donner le coup de grâce au crâne de Florestan ; c’était un volume assez bien conservé du dictionnaire historique des miracles de l’abbé Rouergue, édition de 1824.

Les idées sont comme les fruits. Elles ne tombent pas du ciel mais connaissent en nous – dans notre cerveau, notre esprit ou même notre corps – une lente maturation, en partie influencée par l’environnement extérieur, en partie favorisée par le désir le plus intime. Mais lorsqu’il reçut le dictionnaire des miracles sur la tête, Florestan, après avoir perdu conscience, ouvrit les yeux avec une certitude : celle de vouloir créer un monde miraculeux. Oui, se dit-il en passant de l’eau froide sur sa bosse : il fallait que chaque jour apporte son lot de miracles, sinon la vie ne valait pas la peine d’être vécue. Et ces miracles, si possible, il ne fallait pas les attendre comme le béotien moyen. Il fallait les créer, comme Jésus ou d’autres mystiques, bien que peut-être de manière moins spectaculaire – en se contentant peut-être pour commencer de ce que l'on appelle les petits miracles. Voilà ce que se dit Florestan ce matin-là, en se regardant dans la glace. Bien entendu, il n’avait aucune idée de la manière dont on crée un monde miraculeux. Aussi décida-t-il de s'incrire à l'Académie des sciences de la magie quotidienne. Peut-être leur programme incluait-il un cours sur les miracles ?

En attendant, il ouvrit le dictionnaire historique de l'abbé Rouergue au hasard, à la page 122. Ses yeux découvrirent l'inscription suivante : "Le plus grand des miracles consiste à voir autrement les phénomènes qui nous cerclent. Et voir autrement les phénomènes, c'est comprendre d'abord que nous les modelons à partir d'une source d'impressions toujours plus riches que leurs manifestations. Par paresse, en regardant autour de nous, en écoutant, en dialoguant, en pensant, nous modelons en reconnaissant, nous reproduisons plutôt que nous ne découvrons et inventons. Nous puisons en grande partie dans les archives de la conscience. Celui capable de regarder sans reconnaître, et de transmettre aux autres la passion neuve de ce regard, celui-là fera des miracles..."

Florestan relut ces phrases. Il décida de replonger profondément dans son bain. L'eau vint faire des vagues contre les rebords de marbre. Une mouette fit un vol plané au-dessus de l'écume. La pleine lune semblait vouloir se fondre avec l'horizon des flots, comme un phare ivre. Alors Florestan actionna le levier qui se trouvait à portée de sa main droite, et la baignoire opéra une poussée ascensionnelle, sous le regard étonné de ses voisins, qui le lendemain porteraient plainte au Syndic pour perforation de l'immeuble par un engin volant parfaitement identifié comme appartenant au jeune exhibitionniste Florestan Princetou, déjà repéré pour sa manie de répondre, lorsqu'on lui disait bonjour dans l'ascenseur : "Cela dépend."

 

______

05:52 | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer

03.12.2009

TO BE OR NOT TO BE

par Luis de Miranda.png

18:53 | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer