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22.03.2010

Le point de vue de la source

 

J’ai perçu le mouvement d’une ruche intérieure, filtre entre nos yeux et le monde oscillant où tout sans cesse change de nom. Les rites de partage ne m’intéressent pas si c’est toujours le même pain rassis qu’on distribue. Les monuments sont à traverser entre les colonnes, les soleils à tailler en reliefs, sous peine d’être aplatis par ce qui n’est que plus haut placé, d’un point de vue gravitationnel, sans toujours être plus grand. On ne peut avoir raison contre ce qui ne possède que deux dimensions ; il est encore préférable d’écouter l’instrument de l’ouvrier qui pose les fondations d’une maison. De simplicité, je préfère celle d’une forêt, si riche qu’elle crée une sensation unique. Tandis que le béton est comme ces refrains répétitifs des radios abêtissantes, meilleur instrument du régime de la platebande passante.

Je n’ai que faire des historiettes, ces romans où le projet ne semble être que de perpétuer l’ordre des choses et ses nominations : ceci est un père, ceci un fils. J’aimerais ne plus avoir que peu de temps à vivre et traverser le tissu de ce monde où la plus grande passion semble être l’archivage de ce qu’on a produit en série. Le travail à la chaîne triomphe dans l’esprit contemporain, de même que l’amour à la chaîne, l’amitié à la chaîne, l’art à la chaîne, c’est-à-dire la production de petites boîtes sans risque, pour plaire, pour rien. Ils veulent susciter l’admiration et au mieux récoltent l’envie. À la lisière de la forêt, j'aperçois la plaine où les chevaux, décevants, broutent sans arrêt, indifférents à leur noblesse.

Du point de vue de la source, où je deviens, le courage est sourire.

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