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23.03.2010

Tueurs des séries

 

Nous pouvions occuper plusieurs lieux simultanément, et en même temps être invisibles. L’ennemi aussi se diffractait. Il jouait de son objectivité comme d’une batterie de tambours, en sifflotant. Mais il avait chaque jour le même nom, par lequel s’infiltrait le suc de l’identification, tantôt nectar, tantôt venin. Tandis que pour nous les descentes étaient parfois des montées, et les visages des ombres portées à la forme mouvante. La déviation était un art encore méconnu.

Fallait-il reconnaître les signes et s’y guider pour agir ? Ou au contraire suivre l’absence totale d’invitation ? Lorsqu’une cible tiraillait le désir, elle ignorait sa force conférée. Elle chuchotait de milles voix presque imperceptibles des injonctions contradictoires, dont la proportion ferait plier les probables, à moins que la flèche du chasseur n’ait le courage de passer à travers la zone d’épaisseur où les sommes ne font plus valeur, où les lois tournent à vide, où le temps s’est arrêté. C’est cette zone que nos lignes évoquent, comme un tuyau kilométrique où des atomes de matière et d’antimatière vont s’entrechoquer.

Il ne s’agit pas seulement de naître à soi-même mais d’enfanter une portée nombreuse, venue démembrer l’anecdotique des feuilletons urbains et de leur accompagnement d’images figées ou rampantes. Nous sommes les tueurs des séries.

 

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