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25.03.2010

BOUDDHA & NAPOLÉON

BOUDDHA & NAPOLÉON : INTERVIEW from CRÉEL / MAX MILO PROD. on Vimeo.

 

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24.03.2010

DESCARTES & RASPOUTINE

DESCARTES & RASPOUTINE : INTERVIEW from CRÉEL / MAX MILO PROD. on Vimeo.

 

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23.03.2010

Tueurs des séries

 

Nous pouvions occuper plusieurs lieux simultanément, et en même temps être invisibles. L’ennemi aussi se diffractait. Il jouait de son objectivité comme d’une batterie de tambours, en sifflotant. Mais il avait chaque jour le même nom, par lequel s’infiltrait le suc de l’identification, tantôt nectar, tantôt venin. Tandis que pour nous les descentes étaient parfois des montées, et les visages des ombres portées à la forme mouvante. La déviation était un art encore méconnu.

Fallait-il reconnaître les signes et s’y guider pour agir ? Ou au contraire suivre l’absence totale d’invitation ? Lorsqu’une cible tiraillait le désir, elle ignorait sa force conférée. Elle chuchotait de milles voix presque imperceptibles des injonctions contradictoires, dont la proportion ferait plier les probables, à moins que la flèche du chasseur n’ait le courage de passer à travers la zone d’épaisseur où les sommes ne font plus valeur, où les lois tournent à vide, où le temps s’est arrêté. C’est cette zone que nos lignes évoquent, comme un tuyau kilométrique où des atomes de matière et d’antimatière vont s’entrechoquer.

Il ne s’agit pas seulement de naître à soi-même mais d’enfanter une portée nombreuse, venue démembrer l’anecdotique des feuilletons urbains et de leur accompagnement d’images figées ou rampantes. Nous sommes les tueurs des séries.

 

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22.03.2010

Moratoire sur le réel

Il est des concentrations communes qui d’un seul point affleurent, puis s’éparpillent en démesures, comme un jeu risqué lancé par le maître de l’univers, afin que des émissaires ensuite reconcentrent les forces par aimantation. Dieu alors jouerait sans cesse aux dés et au désir, observant l’humain comme une grande arène d’où émergeront quelques impétueux orfèvres qui par le seul pouvoir de leur esprit feront plier le réel, attracteurs étranges et fermes des gerbes écervelées.

Il se murmure que certains humains seraient comme des trous noirs, absorbant le temps et l’espace pour ralentir les paniques à la source, et régurgiter les bavardages, les rumeurs, les amertumes en fleurs de possibles. Aucune analyse n’est vraie, contrairement à ce qu’il se croit en certaine terre, où la psychologie critique est un sport national reposant sur des pratiques précoces au souffle court. L’opacité recouvre les aboiements, et la tactique sans amour tombe comme une feuille d’avant saison. Il faudrait passer le monde entier, y compris son propre passé au filtre des résurgences, à l’aune de l’axe ressourcé. Mais ce serait sombrer dans une névrose de la perfection et ressusciter la logique des camps d’épuration. Moratoire sur le réel pendant cent ans, pour laisser les forces actives remplacer en douceur les croupissements automates.

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Le point de vue de la source

 

J’ai perçu le mouvement d’une ruche intérieure, filtre entre nos yeux et le monde oscillant où tout sans cesse change de nom. Les rites de partage ne m’intéressent pas si c’est toujours le même pain rassis qu’on distribue. Les monuments sont à traverser entre les colonnes, les soleils à tailler en reliefs, sous peine d’être aplatis par ce qui n’est que plus haut placé, d’un point de vue gravitationnel, sans toujours être plus grand. On ne peut avoir raison contre ce qui ne possède que deux dimensions ; il est encore préférable d’écouter l’instrument de l’ouvrier qui pose les fondations d’une maison. De simplicité, je préfère celle d’une forêt, si riche qu’elle crée une sensation unique. Tandis que le béton est comme ces refrains répétitifs des radios abêtissantes, meilleur instrument du régime de la platebande passante.

Je n’ai que faire des historiettes, ces romans où le projet ne semble être que de perpétuer l’ordre des choses et ses nominations : ceci est un père, ceci un fils. J’aimerais ne plus avoir que peu de temps à vivre et traverser le tissu de ce monde où la plus grande passion semble être l’archivage de ce qu’on a produit en série. Le travail à la chaîne triomphe dans l’esprit contemporain, de même que l’amour à la chaîne, l’amitié à la chaîne, l’art à la chaîne, c’est-à-dire la production de petites boîtes sans risque, pour plaire, pour rien. Ils veulent susciter l’admiration et au mieux récoltent l’envie. À la lisière de la forêt, j'aperçois la plaine où les chevaux, décevants, broutent sans arrêt, indifférents à leur noblesse.

Du point de vue de la source, où je deviens, le courage est sourire.

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21.03.2010

Ou mourons

Des voix résonnent, qui harmonisent des volontés d’élucidation, par théorie latérale, décantation des contradictions, stratégies de pouvoir oratoire. Ce n’est plus dans cette langue que se dit la vérité. On peut sourire et sourire et vivre dans un bourbier, une ruine d’un autre temps. Une mélancolie a pu parfois nous happer, au temps des orchestres de violons avançant par vagues. Mais c’était du temps de la culpabilité et de la crainte de la mort. Le propre d’une théorie est de n’être au mieux que vraie. Nous nous conformons à de vieilles époques, et rien encore n’aurait été inventé de l’autre côté de la limite du réel ? Déjà se profilent à l’oraison des champs striés par nos sauts et nos incartades. Apprêtons-nous à ce qu’un monde autre explose d’un coup hors du tableau des visites réglementaires. Les atones seront enterrés vivants. Les villes seront chassées en dehors des géographies. Le sens sera considéré comme le complice de ce qu’il dénonce, pour avoir entrevu sans agir les absurdes mécaniques. Nous partons en des terres étrangères, toutes frontières franchies. Et rien ne nous importe que de mourir à ce monde pour incarner le nouveau, par fulgurances ancrées, comme on harponne un monstre. N’allez plus à l’école de la réalité. Créalisons ou mourons.

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12.03.2010

Prendre soin de l'immensité

 

Ainsi donc, même l’immensité, dont je reconnaissais ne pas être le seul créateur, loin de là, il fallait pourtant que je participe à sa configuration, à sa plénitude, à son influence. Si nous oublions l’immensité, elle ne disparaît peut-être pas, mais elle s’atrophie. Prendre soin de l’immensité signifiait lui donner de l’ampleur, lui apporter du souffle par la foi dans la présence vitale et le mystère habité des grands espaces cosmiques.

 


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