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13.04.2010

Les malentendus du temps

 

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C’est le printemps, quatre ans plus tôt. Je marche dans les rues de New York. J’aperçois cette femme de dos, sans visage, contemplative. Elle ne semble pas attendre, plutôt défier un passé qu’elle ne comprend qu’en partie, comme s’il devait rester pour toujours masqué par la lumière, plutôt que par les colonnes. Les briques du temps s’amoncellent et pourtant c’est comme si cet immeuble n’avait rien d’essentiel, comme si la nourriture du passé devait être légère comme une plume, fine comme un pli de robe. Nous vivons ce songe où la première impression nous échappe aussitôt enfermée dans son évidence sourde : la perspective est le revers de l’absence de perspective, l’horizon se dérobe à force d’être scruté. Après tout, cette femme que je n’ai jamais vu de face a peut-être pour seule fonction de me tourner le dos, résolument hostile à ce qui derrière elle pourrait inverser l’attente vaine. Hello, je suis là. Mais trop tard, cette photo a été prise quatre ans plus tôt, et la femme n’est plus adossée aux colonnes. Elle s’est peut-être retournée entretemps. Mais je n’étais plus là…

 

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Commentaires

ça me fait penser à la distance qu'il y a entre les êtres humains aujourd'hui (du moins en occident il semble)
j'ai l'impression qu'il est difficile de créer des liens autres que "sociaux" et "professionnels", c'est à dire dans le fond assez superficiels et basés sur des illusions / mensonges.

(je peux me tromper et j'espere)

cela dit, elle a l'air assez jolie :-)

Écrit par : Sebastien | 25.04.2010

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