Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

19.06.2010

SPHÉRISATION

Luis de Miranda - Mort - Hamlet.jpg

 

Les cohortes s’étiolent.

Les phrases tanguent.

Les phénomènes s’étalent sur les devantures.

Écrire n’est pas une demande, c’est une croissance généreuse, gratuite, informatée.

Il est toujours une fenêtre taillée avec plus d’imprécision dans ses contours, et qui arrête le regard par l’ombre d’un monstre.

L’archivage et l’architecture aujourd’hui se font miroir indolore, tandis que les inconciliables seront mariés par les plus courageux.

La foule caduque sera absente à son propre enterrement, dansant sur le cimetière de ses âmes, forniquant la boue, atone, aphone, criant.

 

 

16:46 | Lien permanent | Commentaires (5) | |  Facebook | |  Imprimer

Commentaires

Cher Miranda
Nous découvrons avec intérêt vos sites et vos ouvrages. Et votre concept de créel.
Un point seulement semble vous avoir échappé : presque tout ce que vous présentez à vos lecteurs et plus généralement au petit milieu des adeptes du post-café philo informatisé ou non, comme étant le résultat de votre réflexion sur Marx, Heidegger, Lacan ou encore Deleuze a été exprimé une bonne fois pour toutes par les sensualistes, dans leur revue (que vous ne pouvez pas ne pas connaître, n'est-ce pas ?) et, en tout premier lieu, dans le Manifeste sensualiste de R.C. Vaudey dont vous semblez même avoir oublié que vous en avez fait, à sa sortie, dans le magazine Epok, un compte-rendu plutôt juste et élogieux. On trouve d'ailleurs votre article reproduit sur le site de l'Avant-garde sensualiste, et cela depuis sa création en 2003.
On peut lire en effet, dans la présentation (page 14) du Manifeste sensualiste, que les « Libertins-Idylliques ont décidé de donner au monde son sens parce qu'ils croient, comme Shelley, que les poètes en sont les législateurs ».
Il s'agit donc pour eux de sensualiser le monde c'est-à-dire (pour ceux qui entendent bien) de lui donner un sens ; et les Libertins-Idylliques sont des sensualistes, au double sens du terme : des « législateurs » du monde et des « sensualistes ».
L'avantage de la formulation est dans son ambiguïté (pour ceux qui ont de l'oreille) : on sait par l'énoncé même comment on donnera le sens du monde : par les sens ; et comment il faut le sensualiser (lui donner son sens) : en le sensualisant ; pour ainsi dire.
Sensualisme présente ainsi un grand avantage sur créalisme qui, pour une oreille délicate, sonne durement. Il ne présente que deux inconvénients : il est antérieur au créalisme, et il n'est pas de vous.
Vous semblez vouloir faire passer l'idée que vous auriez découvert que les hommes créent le réel. Mais le même Manifeste sensualiste exprime directement cela (page 36) : le Spectacle (au sens de Debord, c'est-à-dire l'état présent du monde dans sa totalité et non pas, comme on l'entend parfois aujourd'hui, le seul secteur des médias ou de la représentation médiatique) est le produit des hommes. C'est même une des thèses essentielles de ce Manifeste qui veut dépasser là l'erreur marxiste ou marxienne du complot (capitaliste, financier, politique etc.) pour dévoiler la misère.
Comme le dit un texte d'Avant-garde sensualiste 2, de 2004, plutôt que d'exploitation de l'Homme par l'Homme, il faut plutôt parler de « L'exploitation (de la misère caractérielle, physiologique et poétique) de l'Homme par (la misère caractérielle, physiologique et poétique de) l'Homme.
En conséquence, nous vous suggérons, puisque le réel est bien le produit (et le projet) des humains, (et à considérer ce qu'il est) d'utiliser le terme de crualité en remplacement de créel, celui de crualisme à la place de créalisme pour décrire le monde que créent ceux qui vivent aujourd'hui, puisque, bien évidemment, nous sommes dans l'ère du sadomasochisme, comme l'analysent les sensualistes.
On ne peut pas vous demander d'adopter et de réserver le concept de sensualistes (plutôt que de créalistes) pour décrire ceux qui donneront le sens du monde sur une autre base que celle du sadomasochisme qui domine aujourd'hui les vivants et leur monde, puisque, évidemment, vous n'êtes pas le « créateur » de ce concept.
Qui êtes-vous d’ailleurs, Miranda ? Un inconscient, un imposteur, un homme désespéré (c'est-à-dire un homme qui cherche dans l'activité conceptuelle et/ou sociale-festive à compenser son injouissance de lui-même, du monde et de l'autre) et ainsi un parfait exemple de ce que R.C. Vaudey appelle l'injouissant contemporain?
Bref, plutôt qu'un créaliste n’êtes-vous pas, plus banalement, une énième version du crualiste actuel ?
Créateur ou emberlificoteur philosophique de la poésie vécue et des concepts qu’il trouve chez d’autres ? Proche ou ennemi ? On s'interroge. Et on ne sait comment vous saluer.

Écrit par : Chamfort | 22.06.2010

Sans doute ai-je toutes les tares dont vous m'accusez généreusement, et probablement bien d'autres. Par exemple, je bois beaucoup de café le matin et j'ai failli avaler de travers tant votre message m'a amusé. Merci.

Amusant (bien qu'un petit peu insultant, vous ne trouvez pas ?) commentaire, à la manière de ces gargarismes intelloïdes égotripés à vocation intimidante, qui font bâiller après le rire, et dont vous ne pouvez ignorer qu'ils appartiennent à un autre siècle et à un autre discours, celui de la compétition néolibérale appliquée (en vain) au champ de la Vie et de l'Esprit. Par générosité, je prendrai tout cela comme une boutade... Car je ne peux croire que vous prétendiez sérieusement avoir inventé le fil à couper le Graal, pardon, le Créel, ou la passoire à filtrer la Vie... Pardonne-nous, Saint-Friedrich !

Je me souviens avoir lu en effet votre revue, qui m'avait parue très bien à l'époque, ce dont j'ai informé mes lecteurs (on trouve facilement l'article bienveillant que je vous ai consacré dans le journal de la Fnac : http://www.avantgardesensualiste.com/miranda.htm - à le relire aujourd'hui, je trouve ses premières lignes ironiques et prémonitoires). Manifestement, vous semblez croire qu'avant cet article je flottais dans l'éther, vierge de toute pensée et probablement analphabète...

J'ai comme tant d'autres beaucoup lu et je suis le faisceau d'autant d'expériences : au fil de mes modestes livres, poissons au milieu d'un Océan Spirituel qui court depuis des millénaires, habité de noms illustres, je TENTE de donner forme en un faisceau le moins impur possible, selon le créaxe le moins inconstant, et avec l'aide de tant d'attracteurs étranges de la pensée auxquels on a coutume d'attribuer un nom propre, à ce que ma chair traverse et à ce que mon illusoire sujet comprend au plus profond de ce devenir dont je suis un lieu éphémère parmi d'autres.

Or je me rends compte que vous n'avez pas lu mes livres ou alors superficiellement, trop pressés de marquer votre territoire. Vous écrivez que je "semble vouloir faire passer l'idée que j'aurais découvert que les hommes créent le réel", alors que je passe mon temps à dire que cette idée est vieille comme le monde, y compris sous ce résumé simplificateur à la manière de Protagoras.

Ce n'est pas l'homme qui crée, ou si peu, mais surtout la Vie (mais l'Homme est dans la Vie...). L'homme reçoit, édite et ordine à partir d'une infime partie du flux vital (Vie que nous appelons le Créel), selon des filtres plus ou moins arbitraires, plongés dans la chair du Monstre de l'immanence. Lisez la préface de L'Art d'être libres au temps des automates ou encore l'essai Une vie nouvelle est-elle possible ? Vous y comprendrez peut-être le créalisme, qui ne m'appartient pas, qui est un paradigme qui surgit depuis quelques temps un peu partout dans le monde (j'ai depuis été en contact avec un anthropologue serbe qui semble-t-il parle de créalisme depuis un certain temps (lire les articles de Momir Nikic sur http://crealisme.hautetfort.com/ ), et je vous invite à lire un livre paru récemment, CAPITAL AS POWER, a study of order and CREORDER, par deux économistes, Nitzan et Bichler, qui n'avaient sans doute jamais entendu parler du signifiant qui vous chagrine). Avec toutes ces personnes, j'ai des relations cordiales et nous nous alimentons les uns les autres. Je suis prêt à laisser quiconque s'accrocher à ses titres de propriété, mon destin est, je l'espère, plus incarné et ses racines sont plus singulières (mais j'ai la générosité de croire, une fois encore, que votre mail est une demi-boutade). Comme dit la chanson, prenez tout ce que vous imaginez être en moi. J'ai l'habitude de citer mes sources dans mes livres, si possible les germes, les racines, mais je ne passe pas mon temps à parler de l'homme qui a vu l'homme qui a vu l'Homme... J'avoue que la notion de "sensualisme" m'était complètement sortie de l'esprit. Si ce signifiant vous meut davantage que tout autre, il devrait vous combler de joie plutôt que de susciter ces attaques ridicules. Sensualisme, c'est joli aussi, même si cela sonne à mon oreille un peu sexuel. Mais ce n'est pas moi que cela gênera ! J'adhère ! Je suis sensualiste. Et situationniste ! Et surréaliste !

Relisez le manifeste : on y trouve cette formule : "Ce qu'il s'agit de viser (tant d'autres l'ont mieux clamé avant moi), c'est à une altérité différentielle en acte, une éthique amoureuse, politique, érotique, esthétique, cosmique, professionnelle faite d'ascèse aventureuse et de tentative héroïque de ne pas monnayer ses extases...."

Créros Sélavy, alias Animal du Désir, alias Luis de Miranda, alias Arsenal du Midi...

Écrit par : Créros Sélavy | 22.06.2010

Toi aussi, t'as des copains...

Écrit par : Gilles Vervisch | 22.06.2010

Des copains au sens nietzschéen sans doute. Plutôt des despotes que des potes, au sens grec ancien : despotes : celui qui dit "ceci est à moi"...

Écrit par : Créros | 22.06.2010

Message aux Sensualistes : inutile de m'envoyer par la poste d'autres lettres délirantes de plusieurs pages comme vous l'avez fait. Vous n'êtes pas les premiers (involontaires ?) parasites du créalisme, ni les derniers. J'ai pris l'habitude de laisser les moucherons s'agiter sans trop m'en soucier. Ceci est mon sang.

Je regrette simplement votre triste contradiction : ce que vous clamez, APRÈS MILLE AUTRES, est le don, le merveilleux, la poésie. La façon dont vous agissez, c'est la discorde, l'insulte blessante et le ridicule. Je n'ai jamais plagié personne et je demande à ceux qui m'en accuseraient de se présenter courageusement devant moi plutôt que d'agir par lettres et messages. Vous me trouverez au 34 rue de Lancry tous les après-midi. Je vous y attend de pied ferme. Mais sans doute êtes-vous trop lâches ou infantiles pour venir.

Si vous voulez oeuvrer au sein du Créel, centre de recherche pour l'émergence d'une existence libre, vous êtes les bienvenus. Il y a du travail. Alors abandonnez la mesquinerie paranoïaque et soyez beaux ! Je vous accueillerais à bras ouverts !

Écrit par : LdM | 08.07.2010

Les commentaires sont fermés.