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28.07.2010

Nouvelle espèce humaine

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Sur la haute dune de Parnidis, à Nida, au coeur de l'isthme de Courlande, le 27 juillet 2010, le Créel s'est manifesté à moi.

Il m'a dit : "Réjouissez-vous et soyez fiers : je vous annonce la naissance de la nouvelle espèce humaine."

J'ai demandé : "Comment devra-t-on les appeler ?" Le Créel a répondu : "Ils sont plus que jamais enfants de la Terre et du Ciel, fils du Créel. Tu les appelles Créalistes. Tu peux aussi les appeler les Surpoètes."

J'ai demandé : "Comment les reconnaître ?" Le Créel a répondu : "Vous n'avez pas besoin d'être reconnus. Vous êtes l'Action dont je suis la Création. Toutefois, vous vous connaîtrez et vous aimerez d'un simple regard."

J'ai demandé : "Comment faire que cette nouvelle espèce humaine ne soit pas, comme les précédentes, exterminée par homo sapiens ?" Le Créel a répondu : "Il vous faudra apprendre l'Union, la Magie Naturelle et l'Ordre Vital. Et surtout à chaque instant votre volonté doit incanter le règne des Surpoètes."

 

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20.07.2010

comprendre le créalisme

 

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06.07.2010

Soyons des points d'exclamation

Photo1006.jpg

Pourquoi chanter,
Dans un monde où la générosité
Est en dormance ?
Pour entretenir le fil des ascendances.

Non ! Nous ne partirons pas sans avoir combattu
pour un monde de parole,
d'héroïsme tranquille
et de service inflexible aux nobles idéaux.
Pas de salaire somptuaire pour les ministres.
Pas de luxe pour les PDG
ou alors le luxe pour tous.
Que ceux qui gouvernent redeviennent des exemples.
Que la contagion de la corruption
ne soit pas l'excuse de la faiblesse.
Que les lâches s'inclinent humblement
devant la droiture et l'honnêteté.
Que les minauderies trompeuses
cèdent le pas au haut don.
Que les responsables financiers sachent
que leurs impostures risquent de leur coûter la vie
ou de longues années en prison.
Mais que les paranoïaques puritains
qui ne connaissent rien au monde
cessent de jouer les vierges effarouchées.
Les intellectuels sont souvent coupables
de ne rien comprendre à ce monde, faute de s'y plonger.
Les managers sont coupables de survoler tout
et de prostituer les avortons de l'Esprit.
Le temps vient où, sans hystérie,
les forces sublimes vaincront.
Soyez des points d'exclamation.

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05.07.2010

L'avatar des sens

avatar_movie.jpgÀ l’heure où partout sonnent les chronomètres de la course à l’innovation numérique, au temps où de ridicules chantres de la singularité, tel Ray Kurzweil, annoncent en comiques prophètes l’avènement de ce qui existe depuis toujours et fait même la spécificité humaine, à savoir que nous sommes des composés de chairs et de machines (machines désirantes disait Deleuze), je repense au film Avatar, quelques mois après l’emballement collectif. M’en voudra-t-on de répéter que j’avais trouvé ce film décevant à sa sortie ? Je n’ai pas changé d’avis, au contraire. C’est un film optique où l’on vole beaucoup – ce n’est pas un film qui nous élève durablement.

 

Le domaine optique est celui de la vue, du spectacle. Il nous met en position de capteurs, tels le tournesol face au soleil. Plus une image est saturée d’informations, précise, dimensionnée, moins l’imagination travaille. Avatar, ce fut pour moi les mêmes sensations qu’un film en deux dimensions, avec le mal de tête en plus. Sans doute ne savons-nous pas encore narrer, à l’écran, des histoires multidimensionnelles. En tous cas pas sur le mode purement optique.

 

À quand un cinéma haptique ? Le domaine haptique est celui du toucher volontaire, de la main qui explore, qui caresse ou qui saisit. Il y a là une action, un corps dans un monde qui se perçoit comme une totalité. Les sens sont en partie mobilisés. Mais à quand, surtout, un cinéma de masse qui ne confonde pas pathos et empathie ? Le domaine empathique est celui de l’émotion questionnante, pas du sentimentalisme standard. Il y a non seulement l’action de ressentir l’autre, mais aussi de se mettre dans sa peau sans pour autant épouser son caractère, et encore moins les clichés de l’époque. Chacun de nous s’est irrité lorsque ses parents ou des amis ont tenté de le consoler sur un mode convenu. Le pathos, la bienveillance forcée sonnent toujours un peu faux. En revanche, nous sommes enchantés lorsque quelqu’un déchiffre en nous un paradoxe que nous n’avions pas senti. C’est cela l’empathie heureuse : une découverte à deux de l’étrangeté de la Vie.

 

Dans les trois cas, empathique, optique, haptique, nous recevons des signes. Mais si des signes optiques et haptiques peuvent être transmis par de pures machines, la perception de signes empathiques définit la présence d’une conscience. Et qui dit conscience dit possibilité d’un autre regard sur le monde. Pour inverser la phrase de Rimbaud, nous découvrons par l’empathie que l’autre permet le je, en ce que les questions qu’il provoque éveillent notre propre conscience, notre étonnement, notre questionnement.

 

Un dispositif numérique comme celui du film Avatar est très puissant sur le mode optique. Le pathos manichéen y fonctionne assez bien. Mais quand à l’empathie, c’est assez pauvre, car toutes les belles hypothèses que le film soulève, tous les plans qui pourraient s’attarder sur une chimère, un mystère diffus, la possibilité d’une extase, sont vite recouvertes par la nécessité de faire un spectacle d’action haletant, presque vide.

 

Trop rapide, l’optique tue l’empathique, qui a toujours besoin de temps pour éprouver l’inconnu, percevoir l’inouï, sentir une direction qui n’a pas encore été prise. Prenons garde que le monde que nous construirons au XXIe siècle ne soit pas un gigantesque avatar. L'avatar des sens.

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