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16.09.2010

La tribu créaliste

 

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L’entrée en résistance apparaît à certains comme une figure de rhétorique. Bien que rien en eux, en elles, n’affirme plus le monde totalitaire et déraciné dans lequel nous combattons, l’oniroptimisme et la peur de la marginalisation empêche la plupart d’accéder à une critique radicale, c’est-à-dire active et de cohésion. Pendant ce temps, la pensée est moquée, sous couvert d’une attaque de l’intellectualisme glacé, et l’on prétend le concept superflu au bien vivre. Refuser ce monde du lucre et du sucre avec des postures néo-villageoises prônant l’adoration du soleil et de l’amour peut s’avérer agréable lorsqu’on s’est retiré dans une privacité relationnelle limitée au couple ou à la sphère amicale apolitique. Mais il s’agit de combattre réellement plutôt que de faire un pas de côté, pas de danse d’ailleurs éphémère. La radicalité d’une démarche qui ne s’embarrasse plus de l’illusion d’être entendue de plus de quelques rares et inquiètes oreilles nous porte à croire que l’hypothèse sociologique parfois moquée des tribus, probablement fausse comme diagnostic, devient pertinente comme pronostic, arme de guerre, à condition que ces tribus soit éminemment politiques. Mais le politique tombe si souvent lui aussi dans les mailles d’un humaniste de fête qu’on ne saurait trop lui conseiller de se faire philosophant et entrepreneur. Notre tribu politique sera créaliste, c’est-à-dire qu’elle aura soin de maîtriser, sujet par sujet, les forces de production essentielles à la constitution d’un monde parallèle le plus autonome possible. Aussi ne saurait-on que conseiller aux observateurs critiques, mais misanthropes, de faire l’effort de se constituer une place opérante au service de cet équipage relié par une aura magique, mais administré selon des règles parfois moins idéales. Dans cette tribu, il faudra renoncer sans doute au leurre d’être tout à la fois. Tous ne seront pas sorciers, à conditions que les sorciers se singularisent et s'oublient dans le rassemblement de toutes les voix. Des flux de sèves relieront les sujets en partie désindividués. Pour y arriver, long et âpre est le chemin. Mais il ne manque pas de saveur, bien qu'on s'y sente, je l'entends, encore un peu seul.

 

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Commentaires

Excellent; tellement vrai et bien écrit. Remarquons peut-être que ce terme de "tribu" nous est un peu trop inspiré par ceux qui nous vendent du soleil et de l'amour; qui détruisent les groupes et les relations socio-culturels, du type nationaux, religieux ou professionnels, pour en inventer d'autres censés correspondre à des "cibles"; du genre, les "jeunes", les "enfants", les "seniors", etc. à part ça, puisque personne ne nous a définis comme créalistes sinon nous-mêmes, c'est qu'au fond, nous sommes bien libres, quand nous nous identifions à cette tribu-là.

Écrit par : Humor | 16.09.2010

Oui. On peut créer un autre terme aussi que tribu (lequel ?), mais j'aime qu'en français on entende tribut, celui qu'il faut payer, le geste sacrificiel de l'individu vers l'équipage...

Écrit par : LdM | 16.09.2010

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