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04.01.2011

Se regarder dans les yeux

72992-oeil-yeux-regard.jpgQui peut dire qu’il a déjà regardé un inconnu au fond des yeux plus de quelques secondes, ou même un ami, ou la personne avec qui il/elle vit ? Les échanges oculaires chargés d’intensité restent la plupart du temps rares, fugaces ou sans suite. L’humanité se tue, se fait l’amour, invente des machines complexes, met en place de légers protocoles, mais pour ce qui est de se fixer avec constance dans le coeur de l’œil, le malaise, la gêne, la pudeur, la peur, l’ennui, l’impatience ou le désir font que rapidement on vise ailleurs. Nous passons une grande partie de nos journées à détourner le regard.

La raison en est simple : au fond des yeux ne se trouve pas la seule âme de la personne que l’on regarde, mais virtuellement toutes les âmes possibles, qui ne demandent qu’à passer de l’ombre au grand jour. Au fond des yeux, il y a le flux métamorphique et irrépressible de la vie dans toutes ses dimensions, les plus apaisantes comme les plus effrayantes. Le regard d’autrui nous rappelle ces possibles que l’on ne vivra jamais, que nous désirons parfois mais dont nous avons peur, souvent, qu’ils nous submergent. Fuyant les yeux des autres, c'est notre propre regard que nous évitons.

Mais nous puisons aussi dans cet échange de vues certaines énergies qui, allumées par une étincelle, prennent parfois, pour le meilleur et pour le pire, la forme d’une toujours furtive impression d'être chez soi, devant un foyer ardent, qui s'éteindra dans la nuit.

 

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Commentaires

Peut-être parce que la vue traverse le mur, et pas nous.

Écrit par : Marie-Gabrielle Montant | 08.01.2011

Peut-être parce que la vue traverse le mur, et pas nous.
Le mur, mais pas nous.

Écrit par : Marie-Gabrielle Montant | 08.01.2011

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