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09.04.2005

É(ro)thique

Comment avais-tu trouvé ce détroit ? Pas par hasard, ni par chance, ni en te précipitant sur le feu. Depuis quelques années, tu te soumettais à un régime intellectuel et physique de plus en plus strict, non sans rechutes dans l’indéterminé. Tu avais tout fait pour te tenir à l’écart du mensonge, des compromissions du mercantilisme, des fausses amitiés mondaines, ce qui était la moindre des choses pour avoir figure humaine, ou plutôt davantage qu’humaine, digne.

Tu sortais peu, vivais seule et assez simplement. Tu étais pauvre, mais ayant peu de besoins, tu ne manquais de rien, sauf peut-être d’une vision unitaire sur le monde. Tu t’exerçais à l’autodiscipline, surveillant ta nourriture, nageant régulièrement, ayant réduit presque à zéro ta consommation de cigarettes et d’alcool. Bref, tu t’entraînais à devenir un esprit tendu dans un corps sain, te rapprochant de ce qui ressemblait de plus en plus à une forme d’ascèse, mais sans tomber dans l'obsession ou la psychorigidité. Pourtant, quelque chose te manquait. Quelque chose faisait que tu entrevoyais le voile sans jamais passer de l’autre côté. 

Ce n’était pas facile de devenir profondément belle. Tu avais toujours été apte au plaisir, et ton éducation ne t’avait pas appris à refuser les bonnes choses. Tant mieux, après tout. Mais ton origine sociale modeste te rendait enviables des jouissances qui pour des plus nantis sont devenues banales. Simultanément, tu penchais vers la restriction : ton corps supportait mal les excès.

Il y avait un plaisir surtout dont tu avais du mal à te passer complètement, c’était la jouissance sexuelle. Pourtant, là aussi, tu avais perdu bien des degrés dans l’obsession. Tu ne me sentais plus si frustrée de ce que le sexe ne fût pas, à l’époque où tu vivais, une pratique plus naturelle, fréquente et indépendante de l’esprit de transaction et de calcul qui animait si souvent les humains.

Mais le jour où tu passas de l’autre côté du miroir, le jour où tu devins réellement belle, tu cessas en même temps de limiter ton désir physique. Seulement, tu ne te trompais plus dans le choix de tes partenaires. Ton corps se livra à la jouissance divine. Cessant de consulter les magazines féminins, tu refusais désormais de relativiser.

Car, par l'effet d'une grâce complexe, tu étais devenue une machine à absolutiser ; une âme sublime ?

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08.04.2005

L'écho de Magellan

C’était un mercredi soir et les feuilles des arbres avaient jauni, s’étaient enroulées sur elles-mêmes, puis déroulées en émettant des miaulements. Il n’était pas loin de neuf heures et l'eau jaillissait des trottoirs en geysers boueux. Tu étais assise à un arrêt de bus depuis une heure, boulevard Saint Michel, à quelques mètres du lycée Saint Louis et de la statue du Grand Commandeur. La nuit venait de tomber, puis de se relever en rougissant. Tu ouvris le livre que tu venais d'emprunter dans une librairie de Saint Germain. Une citation de Pic de la Mirandole figurait en exergue : "Je ne t’ai fait ni céleste ni terrestre, mortel ou immortel, ô Adam, afin que de toi-même, librement, à la façon d’un bon peintre ou d’un sculpteur habile, tu achèves ta propre forme…"

En face, un restaurant cuisait par petits cubes la chair de ses serveurs intérimaires. Tu éprouvais, cette fois-ci plus clairement que lors de ta naissance, la sensation de t’arracher de ton corps de nymphe, de traverser la toile arachnéenne des matières brisées, de percer le cocon invisible et cendré de l’époque. Pourtant, si tu ne percevais plus ton environnement de la même façon, tu ne voyais pas encore un monde caché que le décor aurait recouvert. Tu avais plutôt la sensation de caresser une couche de draperies filandreuses. Tu n’étais plus de ce monde, mais pas encore d’un autre.

C’était une sensation de feu, agréable comme la veinule d’un être aimé qu’on ouvre et dont on suce la chaleur, apaisante comme du lait caillé coulant sur la peau d’une complice abandonnée. C’était presque une délivrance, presque une joie pure, presque une balle lancée par un enfant. Sur le moment, tu ne sus la désigner autrement que comme le prémisse d’un voyage à travers un territoire enfin reconnu, une percée dans la forêt des feuilles quotidiennes.

Ce qu’il y avait sur l’autre rive, tu l’ignorais, mais tu sentais que l’effort te pousserait à entreprendre la traversée, maintenant que tu avais trouvé ce passage, maintenant que les feuilles frémissaient sans l’aide du vent, maintenant que ton téléphone retentissait de lointains messages de honte, de regret, de pardon et que ta peau indifférente vibrait de désir à l’écoute des impossibles. 

Ce n'était pas comme si Magellan, arrivant à l’embouchure de ce que son intuition lui annonçait comme étant le détroit qu’il recherchait depuis des années, renonçait à en explorer les eaux, de peur de quitter un univers familier et purulent, une mer de cadavres affamés, une soupe infinie de piaillements de crustacés à la peau molle. Pour découvrir un nouvel océan, m'expliquas-tu, il faut haïr un peu le monde connu, c’est-à-dire le voir pour ce qu’il est, s’y sentir bâtard et légitime à la fois.

Tu avais trente ans, peut-être moins, peut-être plus, et l’époque n’avait jamais été la tienne. Jusqu’à ce jour, boulevard Saint Michel, où tu envisageas la possibilité qu’elle change, par toi.

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26.03.2005

Le mainteneur - épisode 2

La clé restait attachée à mon cou, balançant dans le vide. M’étais-je réellement comporté comme un débauché ? Je n’en avais plus aucun souvenir. De nouveau j’entendis la voix dans le haut-parleur : « Matt, vous avez osé remettre en cause la véracité du Darwinisme. » C’était donc cela. Ils avaient pris au sérieux ma remarque sur le homard bleu, postée une semaine plus tôt sur mon blog.

J’avais emprunté mes sources au "Journal of Physical chemistry" de l’université du Connecticut. Selon le docteur Harry A. Franck, un homard sur un million avait la carapace bleue du fait d’une mutation génétique. Celle-ci s’expliquait par un dérèglement de la molécule d’astaxanthine. Le résultat était un meilleur camouflage avec la mer et un aspect moins comestible.

D’où ma question : si la mutation bleue des homards permet de mieux se fondre avec l’Océan, si elle octroie un avantage compétitif pour la survie de l’espèce, comment expliquer qu’avec le temps, et si l’on suivait toujours la théorie de Darwin, tous les homards ne fussent pas devenus bleus ? À moins que la Nature fût moins darwinienne qu’on le clamait ?

C’était une question de néophyte. Ils étaient tombés dessus et avaient décidé de me punir, probablement pour l’exemple.

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Le mainteneur - épisode 1

Je sus que je venais de me réveiller en tâtant de la main droite le mitigeur thermostatique qu’ils avaient fixé sur mon crâne. Ils avaient mis leur menace à exécution, avaient appliqué à la lettre leurs métaphores malades. Pour l’instant, je ne parvenais plus à penser, ne savais même plus ce que penser voulait dire. Mon corps était endolori. Je n’étais pas moelleusement étendu. J’étais une épave au fond d’un lit.

Nu. Seule une clé pendait à mon cou par un fil de laine vert. C’était une clé minuscule, de celles qui ouvrent les mallettes. Alors un haut-parleur cracha une voix monocorde et synthétique : « Bonjour. Nous allons amorcer le processus de descente. »

La chambre où je me trouvais avait une apparence grand-guignolesque. Quelqu’un avait collé au mur des flocons de coton, de façon à dessiner un mandala. Au plafond, on avait fait peindre un perroquet doté d’un immense jabot. Il faisait chaud comme dans un fourneau.

Pourtant je ne cherchai pas à m’échapper. L’envie me faisait défaut. Je m’étais comporté comme un débauché et il était naturel qu’ils me reconditionnent. Lorsque, dix secondes plus tard, les infirmiers firent leur apparition pour m’attacher les chevilles, je me laissai faire en détournant la tête. Peu après, le sol s’affaissa et je me retrouvai suspendu par les jambes. Il ne restait plus qu’à ouvrir le mitigeur et les représentations s’écouleraient, les jugements froids mêlés à la ménagerie des phénomènes mentaux asociaux.

La clé restait attachée à mon cou , balançant dans le vide...

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20.03.2005

Le plus court chemin

Avant d’arriver en terre des Métamorphoses, Arsenal avait voyagé trois semaines à dos d’âne, sous le soleil, revenant du monastère de la Montagne Creuse. Là, il avait effectué une retraite d’un an, parmi des moines qui cherchaient l’immortalité dans le repos des affects. Arsenal du Midi ne croyait pas en Dieu, mais il avait apprécié l’autodiscipline avec laquelle ce séjour lui avait permis de renouer. En arrivant près du bosquet, une odeur d’eucalyptus lui rappela les alentours du monastère où il bêchait la terre, à l’aube.

À ce moment, un mouton tomba du Ciel et vint s’écraser aux pieds d’Arsenal dans une mare de sang. Ce dernier soupira. Il savait que le principe qui gouvernait le Royaume se moquait de lui, cherchait à détourner son attention de la raison, l’unique raison, pour laquelle il était là ; il ne devait jamais perdre de vue que c’était le centre du Royaume qu’il cherchait, et que ce centre était probablement d’une nature tout autre que le reste du territoire – il devait obéir à d’autres lois. Ce mouton était-il une diversion ou un indice ? Arsenal l’ignorait. L’animal agonisait, éventré, les os brisés. Il ne semblait pas avoir été tondu depuis plusieurs mois.

Arsenal leva la tête. Il avait remarqué plus tôt que le ciel changeait régulièrement de couleur, passant par toutes les teintes de manière irrégulière, mais à des intervalles qui excédaient la minute. Il avait noté que les oiseaux y surgissaient comme régurgités du vide ou d’une doublure cachée de l’éther. Mais l’heure n’était pas à l’analyse ; les éléments manquaient. Le peu de livres de la bibliothèque du monastère de la Montagne Creuse qui faisaient allusion au Royaume des Métamorphoses insistaient sur la nécessité de ne pas y dresser de conclusions hâtives. Les signes n’étaient peut-être pas là où on les attendait, à supposer que le système logique des signes fonctionnât à l’intérieur du Royaume.

À la place du mouton, il y avait maintenant une mare de lait, d’où poussa en quelques secondes un tournesol de près d’un mètre de hauteur. Quelques taches rouges sur les immenses pétales laissaient entendre que la fleur s’était peut-être nourrie du sang de l’ovin. Arsenal ne bougea pas, se contentant d’observer, sans s’irriter, sans arrière-pensée. Il se souvint de ses méditations quotidiennes au monastère, combien il lui avait été difficile d’apprendre à libérer son esprit, à fixer un objet ou un être en mouvement sans aucune intention ni réflexion parasite. Au bout de quelques mois, il savait se libérer du Monologue Intérieur. C’était probablement une pratique à renouveler là où il était à présent, s’il ne voulait pas finir comme les trois orfèvres. Eux aussi, bien qu’ils ne l’eussent pas avoué, étaient probablement arrivés ici, un jour, en quête du Centre. Mais les Métamorphoses avaient eu raison d’eux, et depuis ils fouillaient la boue en croyant y voir des pierres précieuses.

Il fallait rester vigilant. C’est pourquoi Arsenal ne s’inquiéta pas de la disparition du bosquet. Il soupçonnait en outre que la direction de sa marche importait peu. Suivre une règle, par exemple avancer tout droit, quoi qu’il arrivât, ne lui paraissait pas approprié – la géométrie euclidienne ne gouvernant pas le Royaume. Une droite n’y était pas le plus court chemin entre deux points.

 

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08.03.2005

Le royaume des métamorphoses

La chute dura à peine quelques secondes, pendant lesquelles Arsenal se sentit voler. En réalité, il n’avait pas changé de place. Un aigle avait agrippé le col de son long manteau noir au moment du saut, semblant annoncer un voyage dans les airs. Mais l’oiseau s’avéra n’être qu’une branche d’arbre, et le précipice un bassin de piscine désaffectée. Arsenal respira l’odeur de chlore qui suintait des azulejos tapissant le sol. Il n’oubliait pas sa mission : trouver le centre du Royaume des Métamorphoses, où disait-on se concentraient les essences des êtres.

Le ciel était bas. Y planaient quelques corbeaux qui faisaient entendre des sifflements plaintifs. Arsenal, une fois de plus, crut être seul. Mais une voix derrière son épaule l’invita à s’approcher ; trois artisans étaient assis à leur table de travail, au pied de la piscine. Arsenal quitta le bassin par une échelle rouillée.

Le plus jeune des trois hommes, exhibant un visage rond sous un crâne chauve, se présenta :
– Jean Quarteau, tailleur de diamants.
Sa main, dont Arsenal remarqua la finesse, désigna l’homme au visage émacié et à la barbe blanche situé à son côté :
– Et voilà notre maître, Zarastro. Il ne peut pas vous entendre. Ou peut-être faudrait-il dire qu’il ne le veut pas.
Le vieil homme, appliqué à observer à la loupe un tas de terre, ne leva pas la tête. Arsenal eut l’impression qu’il venait de se recroqueviller sur son tabouret.
– Vous souhaitez acheter une pierre précieuse ?, demanda Jean Quarteau. Dans ce cas, auriez-vous l’obligeance de repasser demain.
– Je cherche autre chose que des diamants ou de l’or, répondit Arsenal sans hostilité.
– Bien entendu, bien entendu, fit l’homme. À votre allure, vous devez être de ceux qui cherchent le centre du Royaume.

Le vieil homme à la barbe blanche émit ce qui ressemblait à un gloussement. Le troisième homme, qui jusqu’ici s’était contenté d’observer distraitement Arsenal tout en lissant de la main son épaisse chevelure rousse, bailla.
– Ce n’est pas très sain de chercher le centre, ajouta Quarteau, vous devez le savoir.
À ces mots, Arsenal éclata de rire. Il s’apprêtait à passer son chemin lorsque l’homme roux désigna l’horizon, en direction d’un bosquet d’arbres nains. Il parla d’une voix nasillarde et fatiguée :
– Vous n’avez qu’à aller dans cette direction. De toute façon, ça n’a aucune importance. Il n’y a pas de pôle Nord au Royaume des Métamorphoses. C’est pour ça, ajouta-t-il en maugréant, que les diamants se changent rapidement en terre.

Le vieil homme posa sa loupe et regarda son collègue roux avec une expression qu’Arsenal prit pour de la pitié. Dans le ciel, les corbeaux avaient formé un arc de cercle au-dessus des trois orfèvres. Arsenal les remercia et commença à marcher en direction du bosquet. Il se retourna quelques mètres plus loin et fut surpris de constater que les artisans étaient toujours là, à présent accroupis sous leurs tables, occupés à fouiller la boue.

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04.03.2005

La tombe du ministre

Cela commença par un insecte. L'araignée percuta en glissant l'embout de l'aspirateur. Elle s'engouffra dans le conduit. Le sol était incliné et les meubles de la chambre dérivaient lentement vers le vide. L'immeuble s'effondrait. Voitures, passants, feux de signalisation, pavés, blocs de béton, panneaux publicitaires, vitres, chaises, tout fut lentement aspiré vers un même point, comme si le monde procédait à sa propre succion. J'étais moi-même en voie d'absorption, mais cela avait peu d'importance face à l'ampleur du phénomène.

Je disparus, pour me retrouver de nouveau dans ma chambre, observant l'araignée. La bête avançait en ligne droite en direction du poste de télévision, où défilaient les images ternes de l'enterrement officiel d'un ministre. J'avais encore le souvenir précis d'avoir été aspiré, et le monde avec. Ce n'était pas un rêve. Mais pourquoi, une fois absorbé, m'étais-je retrouvé dans le même état qu'auparavant. Tout était revenu dans l'ordre, en apparence. Pourtant, mon instinct me disait que quelque chose faisait défaut.

Je regardais autour de moi. Les mêmes meubles datant de mon enfance. Le canapé-lit où je dormais. Et le chat abyssin dormant sur le radiateur. Dehors, la pluie continuait de tomber sur les pavés des rues familières et assoupies. Toutes les choses semblaient rentrées dans leur ordre premier.

Soudain, tournant la tête en direction de la télévision, je perçus une première anomalie. L'araignée était passée de l'autre côté de l'écran, où sa taille avait triplé. Elle marchait sur la tombe du ministre. Regard horrifié des témoins. M'approchant de l'écran, je vis ma main passer à travers et s'agiter, tentaculaire, sous le nez des personnalités officielles. Certains commençaient à s'écarter, d'autres, affolés, couraient en direction de leur véhicule aux vitres teintées.

Je ne rêvais toujours pas. À la suite de l'araignée, mon corps venait de passer tout entier du côté de l'enterrement du ministre. Je me retrouvais seul devant la tombe abandonnée. Quelques personnes, vêtues d'élégants habits noirs, me regardaient de loin. Je m'entendis leur dire :

"N'ayez pas peur. Un ministre qui meurt, ce n'est pas encore un État qui s'effondre."

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02.03.2005

Avant de partir

Tu t’apprêtes à entreprendre un voyage comme tu n’en as jamais entrepris. Un voyage dans l’espace. Un voyage où seuls quelques éléments terrestres subsisteront : la flamme des bougies, une voix de femme chantant, un rythme.

C’est ici que tu quittes les choses connues. Les asservissements. Les mimétismes. C’est ici que tu quittes les mots. Du moins tenteras-tu de le faire. Il n’est pas dit que le monde ne parvienne pas à te retenir. Avec ses incitations à la compétition, à la survie, au combat, à l'effort.

Tu quittes tout. C’est du moins le voyage que tu tentes. Devenir l’univers. Dire adieu au particulier. Le temps ne compte plus, et encore moins les routines humaines, les évidences constatées par tous. Rien n’est évident. Il n’est pas dit que tu doives encore dormir plus d’une poignée d’heures par nuit. Il n’est pas dit que tu doives encore te faire comprendre.

Ton voyage ne fait que commencer. Tes mots sont encore simples, naïfs puisque tu as quitté le monde de la distinction et du goût pour un monde que tu ne connais pas encore.

Tu es en chemin. Et déjà, je le vois à ton sourire, il est trop tard pour revenir en arrière.

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