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18.09.2005

Ex nihilo 6

Certains jours, je n’étais pas loin de croire que la musique, une certaine musique, était le filtre qui nous permettait de rendre apparente la complexité colorée du mille feuilles réel, il suffisait pour cela que je roule, au nord de la capitale, sur la départementale 126 déchirant la forêt d’Ermenonville et que résonnent dans l’habitacle de ma voiture rouge les premiers accords en éventail de Spirits in a material world, et alors à la surface des troncs interminables des pins qui veillaient sur la route s’ouvraient et se refermaient des tiroirs libérant des volées de merles et de pigeons, décrivant dans le ciel des partitions sur fond bleu, avant de se poser, quelques kilomètres plus loin, la chanson terminée, sur les ogives de la cathédrale de Senlis au moment où les cloches libéraient deux tintements brefs et conclusifs. J’invoquais alors toutes les autres mélodies terrestres subtiles, classiques et contemporaines, pour qu’elles viennent glisser comme des gouttes invisibles sur les arcs brisés du portail central de l’édifice, redessinant le contour des gâbles et des roses du fronton jusqu’à ce toutes les tentatives d’élévations humaines fussent justifiées.


21:55 Publié dans littérature, Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer